Une relaxe prononcée ce vendredi.
L’affaire opposait Lydia Hadjara, ancienne « favorite » du gourou Raël (né Claude Vorilhon), au fondateur du mouvement raëlien. Cette dernière avait été citée en justice pour des propos tenus dans plusieurs médias, dans lesquels elle décrivait des années de sujétion psychologique et de violences physiques au sein de la secte. Le tribunal correctionnel a estimé que ces déclarations ne relevaient pas de la diffamation, mais s’inscrivaient dans le cadre légitime du témoignage public sur des faits graves.
Des accusations restées sans réponse juridique.
Lydia Hadjara, qui a partagé la vie du gourou pendant plusieurs années, affirme avoir été témoin et victime de pratiques qu’elle qualifie de « sévices » et d’« emprise mentale ». Lors de l’audience, elle a déclaré : « J’ai vu des scènes que je n’aurais jamais dû voir. » La justice a considéré que sa parole, bien que contestée par la partie adverse, ne pouvait être constitutive de diffamation, faute d’élément intentionnel ou de caractère injurieux avéré.
Les suites de la procédure.
Cette décision judiciaire ne met pas fin à la controverse entourant le mouvement raëlien, régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques sectaires. Lydia Hadjara, qui s’est depuis éloignée de la secte, a indiqué vouloir poursuivre son travail de sensibilisation sur les dangers de l’emprise sectaire. De son côté, Raël et ses avocats n’avaient pas encore annoncé, à ce stade, s’ils entendaient faire appel de cette relaxe.
Un contexte plus large.
Cette relaxe intervient dans un climat où plusieurs anciens membres de mouvements sectaires prennent la parole publiquement pour dénoncer les abus subis. Le cas de Lydia Hadjara s’inscrit dans une série de témoignages qui contribuent à alimenter les travaux parlementaires sur la lutte contre les dérives sectaires. Le tribunal a ainsi estimé que la liberté d’expression devait prévaloir sur la protection de l’image du plaignant, dès lors que les propos tenus ne présentaient pas un caractère outrancier ou mensonger.
Des questions en suspens.
L’issue de cette procédure judiciaire ne règle pas les interrogations sur les pratiques du mouvement raëlien, dont le fondateur réside habituellement au Canada. Plusieurs plaintes pour violences ou abus ont déjà été déposées par d’anciens adeptes, sans que des condamnations pénales n’aient été prononcées à ce jour. Lydia Hadjara a néanmoins salué une décision « juste », estimant que « la vérité a été reconnue ».
Réactions.
L’ancienne compagne du gourou a exprimé son soulagement à l’issue du jugement, affirmant que cette relaxe lui permettait de « tourner une page » et de continuer à dénoncer les mécanismes d’emprise. Les avocats de Raël, quant à eux, n’ont pas souhaité commenter la décision dans l’immédiat. La décision du tribunal pourrait néanmoins avoir un effet dissuasif sur d’éventuelles poursuites similaires engagées par le gourou contre d’anciens adeptes.