Alors que le territoire français commence tout juste à respirer après un épisode caniculaire exceptionnel, les prévisionnistes mettent déjà en garde contre un retour possible des fortes chaleurs dans les tout prochains jours. Patrick Galois, prévisionniste à Météo-France, a ainsi indiqué qu'il y aurait «sans doute un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end». Sans pouvoir en préciser ni la durée ni l'intensité à ce stade, il a évoqué une remontée des températures dès vendredi, sous l'effet de conditions anticycloniques gagnant le pays par le sud. Les maximales pourraient alors dépasser les 35 °C.

Un répit de courte durée

L'alerte intervient alors que la vigilance rouge, qui avait été déclenchée lors du précédent pic de chaleur, a été levée dimanche. La décrue des températures s'est poursuivie ces dernières heures, mais la vigilance sanitaire reste de mise tant les conséquences de cet épisode sur la mortalité sont redoutées. Le scénario désormais envisagé par les météorologues dessine une nouvelle offensive de l'air brûlant en provenance du sud de l'Europe, susceptible de placer à nouveau une large partie de l'Hexagone sous contrainte thermique.

Une canicule qui gagne l'Europe

Cette menace s'inscrit dans un contexte européen déjà lourd. Des calculs réalisés à partir des prévisions du service météorologique allemand et des projections de population montrent que plus de 95 millions d'habitants du continent – notamment dans l'est et le sud de la zone – sont concernés par des températures supérieures à 35 °C en ce mardi 30 juin. Au total, environ 260 millions de personnes, soit près de deux Européens sur cinq (hors Turquie), devraient connaître des maximales dépassant les 30 °C dans la journée.

Des réactions politiques et sanitaires

Face à cette répétition des épisodes de chaleur extrême, les critiques fusent sur la préparation du pays. La députée écologiste de Paris Léa Balage El Mariky a dénoncé ce mardi, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, ce qu'elle considère comme une impréparation de l'État face au réchauffement climatique. «Nous ne sommes pas prêts parce que vous n'avez rien fait», a-t-elle déclaré avant d'ajouter que «nous ne sommes pas au bout des conséquences sanitaires et sociales de la semaine que nous venons de subir». Son groupe a annoncé son intention de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les politiques d'adaptation au changement climatique, afin que «l'ensemble de l'impréparation soit révélée».

Le confort climatique, nouveau critère de choix résidentiel

Au-delà des aspects sanitaires et politiques, la répétition des canicules semble modifier en profondeur les comportements des Français. Interrogée sur Sud Radio, Sophie Bourg, directrice marketing de Leboncoin Immo, a observé que «depuis des décennies, en choisissant leur logement, les Français choisissaient un prix, une surface, une proximité avec leur travail ou l'école de leurs enfants. Désormais, ils intègrent lentement mais sûrement le confort climatique.» Selon une étude de la plateforme, 81 % des Français déclarent ressentir un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement et 34 % d'entre eux ont déjà envisagé ou envisageraient de déménager à cause des canicules. «Un nouveau critère résidentiel est en train de s'installer», a résumé Sophie Bourg.

Alors que les prévisions à moyen terme restent à affiner, les autorités et la population sont invitées à se tenir informées de l'évolution de la situation et à anticiper dès à présent les mesures de prévention nécessaires.