Le président Emmanuel Macron accueille jeudi la Première ministre italienne Giorgia Meloni dans la station balnéaire d'Antibes, sur la Côte d'Azur, pour leur premier sommet bilatéral officiel. Cette rencontre intervient alors que les relations entre Rome et Washington se sont considérablement détériorées après les récentes attaques verbales de Donald Trump à l'encontre de la dirigeante italienne.
Un sommet sous le signe du rapprochement
Les deux chefs d'État et de gouvernement se retrouvent à la Villa Eilenroc, une demeure du XIXe siècle surplombant la Méditerranée, pour des discussions destinées à approfondir la coopération franco-italienne dans plusieurs secteurs stratégiques. « Ce sommet sera l'occasion d'approfondir la coopération franco-italienne dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la défense, l'énergie nucléaire et l'espace », a indiqué la présidence française. « Nous avons besoin les uns des autres », a-t-elle ajouté en amont des entretiens.
Ces discussions interviennent alors qu'un traité sur une alliance stratégique, entré en vigueur en 2021, a élevé les relations bilatérales à un niveau comparable à celui qui unit la France et l'Allemagne. Paris et Rome sont respectivement les deuxième et troisième économies de l'Union européenne.
Une brouille récente avec Trump
Ce sommet fait suite à une vive polémique déclenchée par Donald Trump. L'ancien président américain a accusé Giorgia Meloni d'avoir « mendié » une photographie avec lui lors d'une réunion du G7, avant de lier ce différend à des questions de politique étrangère, notamment l'Iran et l'OTAN. La dirigeante italienne, qui s'était longtemps positionnée comme une passerelle entre l'Europe et Trump, a depuis pris ses distances avec le locataire de la Maison-Blanche, dénonçant ce qu'elle a qualifié d'« attaques constantes et non provoquées ».
Des relations franco-italiennes contrastées
Les relations entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont souvent été tendues. Le président français, centriste et pro-européen, et la cheffe du gouvernement italien, qui dirige une coalition de partis de droite et d'extrême droite, sont loin d'être des alliés naturels. Ils ont néanmoins œuvré pour apaiser les tensions, notamment lors d'un long entretien en tête-à-tête à Rome en juin 2025.
En avril dernier, alors que les dirigeants se réunissaient à Paris pour un sommet sur la sécurisation du détroit d'Ormuz, Meloni était arrivée à l'Élysée au volant d'une Alfa Romeo rouge. Macron l'avait accueillie par une double bise enthousiaste qui avait semblé la surprendre, une séquence devenue virale.
Des points d'accord et de divergence
Macron et Meloni partagent des positions communes sur certains dossiers, comme leur opposition à l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Mais ils restent divisés sur d'autres sujets, notamment la proposition italienne de créer des centres de rétention pour migrants en dehors de l'Union européenne. Contrairement à Macron, Meloni s'oppose également à l'envoi de troupes italiennes à l'étranger dans le cadre de certaines opérations.
Pour Marc Lazar, spécialiste de l'Italie à Sciences Po Paris, ce sommet permettra de consolider un rapprochement naissant. « Il y aura des photos, ils s'embrasseront chaleureusement sur les deux joues, et elle cessera de bouder quand elle verra Macron », a-t-il commenté. « Cela ne peut que plaire à Emmanuel Macron », a-t-il ajouté, en référence à la distance prise par Meloni avec Trump.