Le chef de l’État a clairement fait connaître sa position sur l’éventualité de voir instaurer un « péage » dans le détroit d’Ormuz, une perspective qu’il juge incompatible avec les intérêts de la France. « Ce n’est pas du tout ce que l’on souhaite », a-t-il déclaré, se disant « très préoccupé » par la situation et déterminé à tout mettre en œuvre pour éviter un tel scénario.
Cette déclaration intervient alors que l’accord de trêve conclu entre les États-Unis et l’Iran prévoit, selon les termes annoncés, la réouverture du détroit d’Ormuz. Le président américain a en effet indiqué, dimanche soir, que « l’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », appelant à ce que « le pétrole coule à flots ».
Un accord confirmé par Téhéran
La République islamique a confirmé l’accord dans la foulée. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabad, a précisé que ce texte prévoit « premièrement, la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ». L’accord doit être signé à Genève le 19 juin. Selon les termes détaillés par le vice-ministre, « les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif ».
Les implications régionales de la trêve
Alors que le G7 se tient à Évian, Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité d’un « cessez-le-feu robuste et durable » au Liban, pays où l’armée israélienne a mené de nouveaux bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth. Le Premier ministre israélien n’a pas réagi officiellement à l’annonce américano-iranienne, mais plusieurs membres de son gouvernement ont exprimé un rejet ferme de toute perspective de paix régionale. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a notamment affirmé qu’« Israël ne se retirera pas des zones de sécurité au Liban ».
L’opposition française au principe d’un péage dans le détroit d’Ormuz s’inscrit dans une préoccupation plus large pour la liberté de navigation et la stabilité des approvisionnements énergétiques. Le détroit, par lequel transite une part significative du pétrole brut mondial, est un point de passage névralgique pour l’économie mondiale. La France semble vouloir peser pour que la levée du blocus ne se traduise pas par l’instauration de nouvelles contraintes pour le commerce maritime international.