Emmanuel Macron a fait part de sa vive préoccupation concernant le maintien d'un « péage » dans le détroit d'Ormuz, une perspective qu'il a jugée contraire aux souhaits de la France. Cette déclaration intervient alors que Donald Trump a annoncé, dimanche 15 juin, avoir conclu un accord avec l'Iran, ouvrant la voie à la réouverture de ce passage stratégique pour le transport pétrolier.
Une opposition claire de la part de la France
Interrogé en marge de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, le chef de l'État a indiqué que son pays ferait tout son possible pour éviter la mise en place d'un tel dispositif. Selon lui, l'instauration d'un péage dans cette zone névralgique du golfe Persique n'est « pas du tout ce que l'on souhaite ». Ses propos, rapportés lundi, traduisent une divergence de fond avec l'approche américaine, alors que Washington et Téhéran s'apprêtent à parapher leur accord à Genève le 19 juin.
Contexte de l'accord entre Donald Trump et l'Iran
Dimanche soir, le président des États-Unis a officialisé sur son réseau Truth Social un accord qualifié de « finalisé » avec la République islamique d'Iran. Dans ce message, il a appelé à ce que « le pétrole coule à flots » et a prononcé la réouverture du détroit d'Ormuz, fermé depuis plusieurs mois en raison des tensions régionales. L'annonce a été confirmée par Téhéran par l'intermédiaire de son vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui a détaillé les termes de l'entente : celle-ci prévoit « premièrement, la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».
La signature officielle doit avoir lieu vendredi 19 juin à Genève, après quoi « les négociations débuteront dans un délai de soixante jours en vue de parvenir à un accord définitif », a précisé le diplomate iranien à la télévision d'État.
Le Liban au cœur des préoccupations régionales
Parallèlement à ces développements, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d'un « cessez-le-feu robuste et durable est indispensable » au Liban, où l'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth dimanche. Cette déclaration souligne l'imbrication des dossiers régionaux, l'accord américano-iranien incluant explicitement un volet libanais. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, n'a pour l'heure pas commenté ces annonces.
Un enjeu économique et géopolitique majeur
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un quart du pétrole mondial, est un point de passage stratégique. La perspective d'un péage suscite des inquiétudes chez plusieurs pays importateurs, dont la France, qui y voient une entrave à la liberté de navigation et une source potentielle de hausse des coûts énergétiques. L'opposition de Paris pourrait compliquer les négociations à venir sur les modalités de la réouverture du détroit.
Alors que le G7 se réunit à Évian, la question du détroit d'Ormuz et de son régime de passage devrait figurer parmi les sujets de discussions entre les dirigeants occidentaux, partagés entre la volonté de stabiliser la région et celle de ne pas créer de précédent juridique ou commercial préjudiciable.