Le procès de l'affaire des Buttes-Chaumont a connu un nouveau tournant ce mardi avec l'audition des employés municipaux qui avaient mis au jour les restes d'Assia, une mère de famille tuée et démembrée par son mari. Les jardiniers ont livré un témoignage poignant sur les conditions de cette macabre découverte, survenue plusieurs jours après le crime.

Un témoignage sur la découverte des restes

Les agents de la voirie parisienne affectés à l'entretien du parc des Buttes-Chaumont ont été les premiers à faire face à la scène. Interrogés à la barre, ils ont raconté avoir trouvé des sacs contenant des membres humains lors d'une tournée matinale. L'un d'eux a indiqué avoir d'abord cru à un dépôt d'ordures, avant de réaliser la nature des objets. « On ne s'attendait pas à ça. C'était un choc », a confié un jardinier, la voix tremblante. Un autre a décrit avoir vu « un pied dépasser d'un sac », provoquant l'alerte immédiate des forces de l'ordre.

Ces révélations ont ravivé l'émotion autour de cette affaire qui avait bouleversé la capitale en 2024. Le parc, lieu de promenade prisé des familles, était devenu le théâtre d'un crime d'une violence inouïe.

L'accusé reconnaît les faits

Lakhdar M., 43 ans, comparaît depuis lundi devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de son épouse Assia, âgée de 38 ans au moment des faits. Après avoir longtemps nié, il a finalement admis avoir étranglé sa femme puis démembré son corps avant de disperser les restes dans le parc des Buttes-Chaumont. Selon les éléments du dossier, la victime avait subi des violences conjugales durant plusieurs années. L'accusé a expliqué son geste par une dispute conjugale, mais les enquêteurs évoquent un féminicide prémédité.

Le corps d'Assia avait été retrouvé en plusieurs parties, certaines dans des sacs-poubelle, d'autres éparpillées dans le parc. Les jardiniers ont dû être suivis psychologiquement après cette découverte, a-t-on appris lors de l'audience.

Le contexte du procès

Ouvert lundi, le procès doit durer plusieurs semaines. Les débats se concentrent sur la vie de couple des époux, marquée par une « dégradation » progressive, selon les témoins. Les avocats de la défense plaident pour une requalification des faits, tandis que la partie civile dénonce un acte barbare. Le verdict est attendu pour la fin du mois.

L'affaire avait suscité une vive émotion dans l'opinion publique, relançant le débat sur les féminicides en France. Les associations féministes se sont mobilisées pour suivre le procès, réclamant une peine exemplaire.