Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a annoncé mardi avoir débuté une offensive militaire « puissante » contre l'Iran, en réponse à des attaques visant trois navires marchands transitant par le détroit d'Ormuz. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l'instance a déclaré agir « pour imposer un lourd tribut à ceux qui ciblent et attaquent la navigation commerciale occupée par des personnes innocentes dans une voie navigable internationale ».
Les trois pétroliers ont été endommagés en l'espace de vingt-quatre heures, entre lundi et mardi, selon les informations fournies par l'organisme britannique de coordination du trafic maritime (UKMTO). Aucune revendication de responsabilité n'a été formulée par Téhéran concernant ces actes.
Un responsable américain, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat avant l'annonce du Centcom, a qualifié les attaques de « totalement inacceptables » et assuré que les négociateurs américains continueraient de travailler « de bonne foi » en vue d'un accord final avec l'Iran. Le Centcom a lui-même estimé que « l'agression démontrée par l'Iran était injustifiée, dangereuse et constituait une violation claire du cessez-le-feu ».
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, n'a commenté pour l'instant que les accusations formulées par le Qatar, les qualifiant de « contraires au principe de bon voisinage ». Dans une déclaration diffusée sur Telegram, il a ajouté que les navires commerciaux empruntant des itinéraires non coordonnés avec l'Iran ou manipulant leurs systèmes de localisation s'exposent à un risque de collision et perturbent les efforts de Téhéran pour « faciliter un transit sûr » dans le détroit.
Sanctions et réactions régionales
Parallèlement aux frappes, Washington a abrogé mardi une dérogation de sanctions qui suspendait temporairement les restrictions pétrolières frappant l'Iran. Cette licence, qui autorisait Téhéran à vendre du pétrole et des produits pétroliers, découlait d'un protocole d'accord signé entre les deux capitales le mois précédent. Un avis publié sur le site du Trésor américain prévoit une période de transition jusqu'au 17 juillet pour les transactions déjà autorisées sous ce régime.
Dans la région, le Qatar et l'Arabie saoudite ont fermement condamné ces attaques, chacun indiquant qu'un pétrolier battant son pavillon avait été touché. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a déclaré que son pays tenait l'Iran « entièrement responsable » de l'attaque ciblée contre le navire Al-Rekayyat alors qu'il transitait à proximité du détroit. Il a exigé que Téhéran « cesse immédiatement toutes les pratiques qui compromettent la sécurité régionale » et « s'abstienne de mettre en danger les approvisionnements énergétiques mondiaux et les ressources des pays de la région à la poursuite d'intérêts étroits ».
De son côté, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que l'Iran avait visé le pétrolier saoudien Wadyan lors de sa traversée du détroit. Ryad a dénoncé des actes constituant « une atteinte à la sécurité et à la sûreté de la navigation internationale, ainsi qu'à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».
Aucun bilan humain n'a été communiqué dans l'immédiat, et des explosions ont été signalées dans le sud de l'Iran. Les développements surviennent alors que les tentatives de stabilisation des relations entre Washington et Téhéran, matérialisées par un mémorandum d'entente récent, semblent brutalement compromises.