L’armée américaine a déclenché une nouvelle vague de frappes contre l’Iran, en riposte à des attaques ayant touché trois pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz au cours des dernières vingt-quatre heures. Le Commandement central des États-Unis (Centcom) a annoncé l’opération mardi, affirmant vouloir « imposer un lourd tribut pour le ciblage et l’attaque de navires commerciaux naviguant dans une voie internationale et transportant des personnes innocentes ».
Des explosions ont été rapportées dans le sud de l’Iran, sans qu’aucune victime ne soit encore confirmée, selon les premières informations disponibles. Le Centcom a précisé que ces frappes étaient « une réponse aux attaques iraniennes » et a jugé que « l’agression démontrée par l’Iran était injustifiée, dangereuse et constituait une violation claire du cessez-le-feu ».
Les trois navires ont été endommagés entre lundi et mardi, a indiqué l’agence britannique pour le commerce maritime (UKMTO). Plus tôt dans la journée, un responsable américain – s’exprimant avant l’annonce officielle – avait prévenu que Téhéran serait confronté à des conséquences et qualifié les tirs de « totalement inacceptables ». Il a néanmoins insisté sur le fait que les négociateurs américains continueraient de travailler « de bonne foi » à un accord définitif avec l’Iran.
Réactions des pays du Golfe
Le Qatar et l’Arabie saoudite ont tous deux condamné les attaques, chacun affirmant qu’un pétrolier battant son pavillon avait été touché. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, a déclaré que son pays tenait l’Iran « pleinement responsable » d’une attaque apparemment ciblée contre le navire Al-Rekayyat, alors qu’il transitait à proximité du détroit. Il a exigé que Téhéran « cesse immédiatement toutes les pratiques qui nuisent à la sécurité régionale » et « s’abstienne de mettre en danger les approvisionnements énergétiques mondiaux et les ressources des pays de la région pour la poursuite d’intérêts étroits ».
De son côté, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué dans un message sur les réseaux sociaux que l’Iran avait pris pour cible le pétrolier saoudien Wadyan lors de son passage dans le détroit. Ryad a dénoncé « une attaque contre la sécurité et la sûreté de la navigation internationale, et contre la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux ».
Révocation d’une dérogation de sanctions
Parallèlement, Washington a annulé mardi une dérogation qui levait temporairement les sanctions pétrolières visant l’Iran. Cette licence, autorisant Téhéran à vendre du pétrole et des produits pétroliers, faisait partie du protocole d’accord signé entre les deux capitales le mois dernier. Un avis publié sur le site du Trésor américain précise qu’une période de transition est accordée jusqu’au 17 juillet pour les transactions déjà autorisées.
Position de l’Iran
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, n’a pour l’instant commenté que les accusations qataries, les qualifiant de « contraires au principe de bon voisinage ». Dans un communiqué diffusé sur Telegram, il a ajouté que les navires commerciaux qui empruntent des routes non coordonnées avec l’Iran ou qui manipulent leur système de localisation s’exposent à un risque de collision et perturbent les efforts de Téhéran pour « faciliter un transit sûr » dans le détroit.
L’Iran n’a pas revendiqué les tirs contre les pétroliers. Téhéran dispose d’une importante capacité militaire dans la région du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Les frappes américaines marquent une escalade significative, alors que les discussions sur un accord global entre les deux pays semblaient encore en cours.