La 80e édition du Festival d’Avignon s’ouvre avec « Maldoror », une création de Julien Gosselin. Ce spectacle, qui adapte l’œuvre poétique de Lautréamont, a été désigné comme le temps fort inaugural de la programmation 2026. Les premières réactions critiques le qualifient de « spectacle fondamental », tout en relevant des « contrechamps » dans la mise en scène.

Julien Gosselin, figure reconnue du théâtre contemporain, s’attaque à l’un des textes les plus sulfureux de la littérature française. « Les Chants de Maldoror », publiés au XIXe siècle par Isidore Ducasse sous le pseudonyme de comte de Lautréamont, mêlent violence, onirisme et révolte. Le metteur en scène en propose une lecture scénique qui, selon les observateurs, parvient à capter la puissance hallucinatoire de l’original.

La présence de ce spectacle en ouverture du festival témoigne de l’ambition de la direction artistique pour cette édition. Le choix de Julien Gosselin, dont les travaux antérieurs (notamment « 2666 » ou « Les Particules élémentaires ») ont marqué le paysage théâtral européen, confirme une volonté de proposer une création exigeante et immersive. « Maldoror » mobilise une équipe artistique importante, avec des comédiens, des musiciens et des techniciens, pour restituer l’atmosphère oppressante et lyrique du poème.

Les critiques, tout en saluant l’audace de l’entreprise, n’hésitent pas à pointer certains choix formels. Le terme de « contrechamps » employé dans un commentaire suggère que Gosselin explore des angles inattendus, déjouant les attentes du public par des ruptures de ton ou de cadre. Cette approche pourrait diviser, mais elle suscite déjà des débats passionnés parmi les festivaliers.

Le Festival d’Avignon, qui se déroule chaque été dans la cité des papes, attire des milliers de professionnels et d’amateurs de théâtre. L’édition 2026 propose une programmation dense, mêlant grands noms de la scène internationale et jeunes compagnies émergentes. « Maldoror » occupe une place centrale, avec des représentations prévues dans l’un des lieux emblématiques du festival.

Les organisateurs espèrent que cette ouverture donnera le ton d’une édition marquée par la recherche formelle et l’engagement artistique. Julien Gosselin, pour sa part, défend un théâtre total, où texte, image et son se conjuguent pour créer une expérience sensorielle immersive. « Maldoror » semble répondre à cette ambition, tout en suscitant des interrogations sur les limites de la représentation.

Les premières réactions du public, recueillies à l’issue de la première, sont contrastées. Certains spectateurs se disent subjugués par la puissance visuelle et la densité du propos ; d’autres expriment une certaine perplexité face à la longueur ou à l’intensité de la performance. Ces avis divers témoignent de la capacité de l’œuvre à provoquer et à interroger.

L’édition 2026 se profile donc comme un cru marquant, avec en point d’orgue ce « Maldoror » qui, déjà, fait parler de lui. Le festival se poursuit jusqu’à la fin du mois de juillet, offrant aux spectateurs une multitude de découvertes. La place de Julien Gosselin dans le paysage théâtral contemporain en sort renforcée, même si les débats sur son esthétique ne font que commencer.