Un homme a été jugé ce mardi par le tribunal judiciaire de Marseille pour avoir adressé des menaces de mort au député Sébastien Delogu sur le réseau social Instagram. L'affaire, instruite dans un contexte de tensions politiques locales, illustre la répétition des intimidations numériques visant les élus.
Des messages à caractère violent
Les faits remontent à la semaine dernière, lorsque l'intéressé, âgé d'une trentaine d'années, a posté plusieurs messages sur le compte Instagram du parlementaire insoumis. Selon les éléments transmis à la justice, ces publications contenaient des menaces explicites de mort, formulées dans un langage cru et direct. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête après le signalement effectué par l'entourage de l'élu, qui a déposé plainte. Interpellé rapidement, le mis en cause a été déféré au palais de justice dès le lendemain.
Un prévenu déjà connu de la justice
Lors de l'audience, le ministère public a rappelé que le prévenu figurait déjà au casier judiciaire pour plusieurs mentions, notamment pour des faits de violence et d'outrage. Cette récidive a justifié la demande d'une peine plus lourde. Le procureur a requis une peine de prison ferme assortie d'un mandat de dépôt, ainsi qu'une interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône pendant plusieurs années. La défense a plaidé la légèreté et le contexte de « dérapage verbal » lié à des difficultés personnelles, tout en reconnaissant la gravité des propos tenus.
Sébastien Delogu, cible récurrente
Sébastien Delogu, élu de la première circonscription des Bouches-du-Rhône, est régulièrement la cible d'attaques sur les réseaux sociaux depuis son entrée en fonction. Cette affaire de menaces survient alors que le député fait lui-même l'objet de poursuites judiciaires pour des faits distincts. Convoqué dans le cadre d'une enquête pour « recel de vol et divulgation d'informations privées », il ne s'est pas présenté à l'audience tenue en début de semaine, invoquant un « climat très tendu » autour de sa personne, selon les termes rapportés par son avocat. Ce dernier a sollicité un renvoi de l'affaire, qui a été accordé par les juges.
Le tribunal se prononce
À l'issue des débats, le tribunal correctionnel a déclaré le prévenu coupable des faits de menaces de mort. Il a été condamné à une peine de prison ferme, assortie d'un mandat de dépôt immédiat, ainsi qu'à une interdiction de contact avec la victime et de paraître dans le département durant cinq ans. Cette décision s'inscrit dans une politique judiciaire de fermeté à l'égard des menaces envers les personnes investies d'un mandat électif, qui se multiplient ces dernières années. La chambre a également ordonné l'inscription de cette condamnation au bulletin numéro 2 du casier judiciaire.
Un signal politique
Ce jugement intervient dans un climat politique marqué par une augmentation des agressions verbales et des intimidations ciblant les élus locaux et nationaux. Plusieurs voix, au sein de la classe politique, ont dénoncé une banalisation de la violence en ligne. L'affaire rappelle que la liberté d'expression ne saurait justifier des appels à la violence ou des menaces de mort, répréhensibles pénalement. Le député Delogu, par la voix de son conseil, a salué la décision du tribunal, y voyant une protection nécessaire des représentants de la République.