Le fabricant américain de semi-conducteurs Marvell Technology a connu une forte progression à Wall Street après que le dirigeant de Nvidia, Jensen Huang, a affirmé que la société pourrait devenir le prochain groupe du secteur à valoir 1 000 milliards de dollars. L'action Marvell a bondi d'environ 33 % à la suite de cette déclaration, qui intervient dans un contexte de frénésie autour des infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle.

Intervenant lors d'une conférence, Jensen Huang a souligné le rôle crucial que joue Marvell dans la chaîne d'approvisionnement des centres de données et des systèmes d'IA. Selon lui, l'entreprise est bien positionnée pour tirer parti de l'explosion de la demande en puces spécialisées, notamment pour les réseaux et le traitement des données. Il a qualifié Marvell de « prochaine entreprise à 1 000 milliards de dollars », une prédiction qui a immédiatement électrisé le marché.

Une valorisation encore modeste mais des perspectives ambitieuses

Avant ce rebond, la capitalisation boursière de Marvell avoisinait 250 milliards de dollars. Un seuil de 1 000 milliards représenterait une multiplication par quatre de sa valeur actuelle, un objectif que certains analystes jugent réaliste si l'adoption de l'IA générative se poursuit au rythme actuel. L'entreprise conçoit des circuits intégrés pour le stockage, les réseaux et les processeurs personnalisés, des segments devenus stratégiques pour les hyperscalers – les très grands opérateurs de cloud comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud.

Marvell a récemment renforcé son offre en acquérant plusieurs start-up spécialisées dans les interconnexions optiques et les accélérateurs de calcul. Ces technologies permettent de réduire la latence et la consommation énergétique dans les centres de données, un enjeu majeur alors que les modèles d'IA nécessitent des puissances de calcul colossales.

La dépendance à l'écosystème Nvidia

Les propos de Jensen Huang revêtent une importance particulière car Nvidia domine actuellement le marché des accélérateurs d'IA, avec une part estimée à plus de 80 %. Si Nvidia fournit les unités de calcul (GPU), Marvell intervient en amont et en aval avec des composants de mise en réseau et de contrôle mémoire qui optimisent le fonctionnement des serveurs. Les deux entreprises entretiennent des partenariats de longue date, et les déclarations du PDG de Nvidia sont perçues comme un signal fort de la solidité de leur collaboration.

Certains experts rappellent toutefois que la trajectoire de Marvell dépendra de sa capacité à diversifier ses clients. Nvidia n'est pas son seul débouché, mais une partie significative de ses revenus provient des fournisseurs de services cloud qui déploient des infrastructures compatibles avec les GPU de Nvidia. Une éventuelle concurrence entre les protocoles de calcul – comme l'essor des processeurs personnalisés développés en interne par des hyperscalers – pourrait modifier la donne.

Un contexte de marché favorable aux semi-conducteurs

L'annonce de Jensen Huang s'ajoute à une série de nouvelles positives pour le secteur. La demande mondiale de semi-conducteurs reste soutenue, en particulier pour les composants avancés utilisés dans l'IA et le calcul haute performance. Les entreprises de cloud continuent d'investir massivement dans l'extension de leurs parcs de serveurs, ce qui profite à l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.

Marvell a publié des résultats trimestriels en hausse, portés par une progression de ses ventes dans le segment des centres de données. La société a également indiqué que ses commandes pour les prochains mois étaient solides, sans donner de chiffres précis. L'action, qui avait déjà progressé de plus de 50 % depuis le début de l'année avant le rebond du 2 juin, semble bénéficier d'un engouement spéculatif fort.

Des risques inhérents à la prédiction

Malgré l'optimisme, les investisseurs gardent à l'esprit que la capitalisation de Marvell reste très inférieure à celle de Nvidia, qui dépasse les 3 500 milliards de dollars. Atteindre 1 000 milliards nécessiterait une croissance soutenue de ses bénéfices sur plusieurs années, dans un environnement concurrentiel où Intel, AMD et des start-up comme Cerebras ou Groq cherchent aussi à gagner des parts de marché.

La valorisation de Marvell, qui se traite à un ratio cours/bénéfice élevé, reflète déjà des attentes ambitieuses. Un ralentissement de la demande en IA ou une réorientation des investissements des hyperscalers vers d'autres types de puces pourrait freiner la progression du titre. La prédiction de Jensen Huang, bien que flatteuse, n'engage que son auteur et ne constitue pas une garantie de performance future.

L'action Marvell a clôturé en forte hausse à Wall Street, portant sa capitalisation boursière à plus de 330 milliards de dollars. La déclaration de Jensen Huang a été largement commentée par les analystes financiers, qui restent divisés sur la capacité de l'entreprise à rejoindre le club très fermé des sociétés valant plus de 1 000 milliards de dollars – un groupe qui ne compte aujourd'hui qu'une dizaine de membres dans le monde, parmi lesquels Apple, Microsoft, Nvidia, Alphabet, Amazon, Saudi Aramco, Meta, Berkshire Hathaway et TSMC.