L'ancien élu républicain de New York, George Santos, est accusé d'avoir proféré des menaces violentes à l'encontre d'un journaliste qui avait révélé l'existence d'une enquête fédérale sur ses activités sur le site de paris prédictifs Kalshi. L'altercation, survenue par téléphone, a été suivie d'une tentative de l'ex-congressiste de nier ses propos.

Un appel empreint de colère

Le journaliste Bobby Allyn, alors qu'il achevait sa journée de travail à Los Angeles, a reçu un appel d'un numéro masqué le 4 juin en fin d'après-midi. Son interlocuteur n'était autre que George Santos, manifestement furieux. La veille, Allyn avait publié un article révélant que le département de la Justice et la Commodity Futures Trading Commission avaient ouvert des enquêtes sur les transactions de Santos sur la plateforme Kalshi.

Selon les informations recueillies par Allyn, les responsables de Kalshi avaient détecté que Santos plaçait des paris contre sa propre présence au discours sur l'état de l'Union prononcé par Donald Trump en février, tout en publiant simultanément une vidéo sur le réseau social X dans laquelle il exprimait son enthousiasme à y assister. La plateforme aurait ensuite signalé ces agissements aux autorités fédérales du district sud de New York et de Washington.

Des menaces et un déni

Lors de l'échange téléphonique, Santos aurait proféré des menaces à caractère violent à l'encontre du journaliste. Peu après, l'ancien élu aurait tenté de nier avoir tenu de tels propos, bien que la teneur de l'appel ait été confirmée par plusieurs sources.

Cette affaire s'inscrit dans le cadre plus large des démêlés judiciaires de George Santos, qui avait déjà été inculpé pour fraude et blanchiment d'argent avant son expulsion de la Chambre des représentants en décembre 2023. Les nouvelles investigations fédérales portent cette fois sur des soupçons de manipulation de marché et d'utilisation d'informations privilégiées via des paris en ligne.

Des pratiques contestables

Le cas de Santos met en lumière les zones d'ombre des marchés de prédiction comme Kalshi, où les utilisateurs peuvent parier sur l'issue d'événements politiques. Le fait qu'un élu puisse utiliser sa connaissance personnelle de sa propre présence à un événement pour effectuer des transactions est au cœur des préoccupations des régulateurs.

Les autorités examinent la possibilité que Santos ait profité financièrement en trompant le public sur ses intentions, ce qui pourrait constituer une forme de délit d'initié. Les enquêtes en cours devraient déterminer si les agissements de l'ancien congressiste enfreignent les lois sur les marchés financiers et la régulation des produits dérivés.

Réactions et implications

L'incident soulève des questions sur la sécurité des journalistes couvrant des personnalités politiques sous investigation. Les menaces proférées à l'encontre d'Allyn sont considérées comme une tentative d'intimidation pour entraver le travail d'information du public.

Pour l'heure, ni George Santos ni ses avocats n'ont commenté publiquement les nouvelles révélations. Les enquêtes fédérales, menées conjointement par le département de la Justice et la Commodity Futures Trading Commission, se poursuivent. Elles pourraient déboucher sur de nouvelles poursuites pénales ou civiles à l'encontre de l'ancien représentant.

Cette affaire illustre les risques juridiques liés à l'utilisation des plateformes de paris politiques par des initiés, et pourrait inciter les régulateurs à renforcer la surveillance de ces marchés en pleine expansion.