Les autorités taïwanaises ont fait état, jeudi 11 juin, d’une incursion inédite de navires chinois dans les eaux bordant l’île de Taiping, un territoire disputé en mer de Chine méridionale. Selon un communiqué des garde-côtes de Taïwan, deux bâtiments de la marine chinoise sont entrés « ouvertement » dans la zone maritime interdite qui ceinture cette île, située dans l’archipel des Spratleys et également connue sous le nom d’Itu Aba.

Les garde-côtes taïwanais précisent que les navires chinois sont demeurés environ un quart d’heure dans cette zone avant d’en être chassés par leurs propres unités. Dans leur communiqué, les autorités maritimes de Taïwan ont exprimé « la condamnation la plus ferme » face à cet incident. Le Conseil des affaires maritimes de Taïwan, qui supervise les garde-côtes, a estimé sur le réseau social X que cette intrusion constituait une preuve supplémentaire des agissements de Pékin, qui « harcelait systématiquement Taïwan ». L’instance a ajouté que ces actions devaient être perçues comme une atteinte à l’ordre international.

Une île au cœur de multiples revendications

Taiping est le plus grand îlot de l’archipel des Spratleys, une région que plusieurs pays se disputent, dont la Chine, les Philippines et le Vietnam. Les autorités taïwanaises ont rappelé que les eaux « interdites » autour de l’île s’étendent jusqu’à quatre kilomètres de ses côtes. Taïwan contrôle cette île, mais Pékin la revendique également, comme la quasi-totalité de cette voie maritime stratégique.

Cet événement s’inscrit dans une séquence d’activités chinoises récentes autour de Taïwan et des îles sous sa juridiction. Les sources indiquent que des bâtiments chinois ont mené une opération à l’est de Taïwan ces derniers jours, en réaction à des pourparlers entre le Japon et les Philippines portant sur le tracé d’une frontière maritime dans cette zone. La Chine, qui considère Taïwan comme une partie de son territoire, a jugé ces discussions « illégales » et a affirmé détenir un droit de contrôle exclusif sur ces eaux.

Déjà des tensions autour d’autres îles

Taïwan a qualifié l’opération chinoise à l’est de l’île de « provocatrice » et d’« expansionnisme déguisé ». Les autorités taïwanaises ont également accusé les navires chinois de « harcèlement » après que ces derniers ont interrogé trois cargos commerciaux de passage sur leur port de destination.

Par ailleurs, les garde-côtes taïwanais avaient indiqué le week-end précédent qu’un navire de reconnaissance chinois avait rejoint un navire de garde-côtes dans les eaux entourant l’île de Pratas, dans le nord de la mer de Chine méridionale. Il s’agissait, selon ces mêmes garde-côtes, de « la première fois que l’on observait des navires des garde-côtes et des navires de recherche chinois agir de concert pour provoquer Taïwan ». Taïwan contrôle également Pratas, que Pékin revendique.

Un contexte régional tendu

Cette nouvelle incursion illustre les tensions persistantes en mer de Chine méridionale, où la Chine affirme des droits étendus, contestés par plusieurs voisins et par la communauté internationale. Les incidents se multiplient à mesure que les rivalités territoriales et les intérêts stratégiques s’exacerbent dans cette zone cruciale pour le commerce mondial.