La légende veut qu’en faisant pivoter son talon sur les testicules du taureau de la mosaïque puis en tournant trois fois sur soi-même, on s’assure un retour à Milan. Ce geste, pratiqué depuis le XIXe siècle par les Milanais puis adopté par les touristes du monde entier, a fini par creuser un petit cratère dans les tesselles roses qui composent la partie anatomique de l’animal.

Les conseillers municipaux Emmanuel Conte et Marco Granelli ont indiqué que des milliers de personnes exécutaient chaque jour ce mouvement de rotation. Les dégradations ont été constatées sur la mosaïque beige et bleue, au cœur de la galerie couverte construite au XIXe siècle, non loin du Duomo. L’œuvre représente la ville de Turin, première capitale de l’Italie unifiée.

Une équipe de restauration a été dépêchée sur place cette semaine. Un petit chantier a été installé autour de la mosaïque, et le restaurateur Gianluca Galli, spécialiste de ce type d’intervention, a été vu en train de tailler à la main de nouvelles pierres destinées à remplacer les éléments abîmés. Des badauds curieux observaient son travail.

Interrogé sur la tradition, Galli a déclaré : « C’est probablement un geste charmant, mais aussi très dommageable pour une œuvre d’art. » La dernière restauration de la mosaïque remontait à 2017, selon les élus municipaux.

Les autorités locales ont souligné que la galerie constitue un patrimoine vivant, qui s’use parce qu’il est aimé et fréquenté, et qu’il convient d’en prendre soin pour qu’il continue à l’être. La restauration en cours devrait redonner à la mosaïque son aspect d’origine, du moins pour un temps, avant que de nouveaux visiteurs ne viennent perpétuer la coutume.