Un duel au sommet à Atlanta
Lionel Messi et Mohamed Salah, deux icônes du football mondial, se retrouveront sur la pelouse d’Atlanta ce mardi pour une place en quarts de finale du Mondial 2026. Si l’Argentine vise un deuxième titre consécutif, l’Égypte dispute pour la première fois de son histoire un match à élimination directe dans la compétition. Pour Salah, capitaine des Pharaons, ce rendez-vous représente l’aboutissement d’un parcours semé d’embûches, mais aussi le poids d’une attente collective nourrie par les souvenirs d’une « génération dorée » qui n’a jamais réussi à se qualifier.
Deux destins contrastés
Messi, 39 ans, est déjà sacré champion du monde et meilleur buteur de l’histoire du tournoi. Il avait laissé entendre que cette édition serait sa dernière. Salah, 34 ans, en est à sa troisième participation, mais c’est la première fois qu’il franchit le cap des phases de groupes après avoir éliminé l’Australie aux tirs au but – un penalty « panenka » de sa part ayant scellé la qualification. Pourtant, le chemin de l’attaquant de Liverpool a été jalonné de déceptions : deux finales de Coupe d’Afrique des Nations perdues (2017, 2021) et deux éliminatoires mondialistes soldées par des séances de tirs au but fatales, dont une où il avait manqué son penalty.
Ces échecs, conjugués à des tensions publiques avec la Fédération égyptienne de football sur des questions d’image et de logistique, ont valu à Salah des critiques d’une partie des supporteurs. Un observateur proche du vestiaire relève que « son talent n’a jamais été remis en cause, mais la frustration des fans s’est cristallisée sur lui ».
Le fantôme de la génération dorée
Pour beaucoup d’Égyptiens, le succès actuel ne comble pas le vide laissé par la « génération dorée » des années 2000-2010, qui avait remporté trois CAN consécutives (2006, 2008, 2010) sans jamais participer à une Coupe du monde. Ahmed Elshiekh, ancien international égyptien devenu consultant, estime « injuste de comparer les deux époques ». Selon lui, cette équipe « a tout donné mais la pièce est tombée du mauvais côté lors des qualifications », rappelant qu’elle avait battu l’Italie, alors championne du monde, dans un match amical. « Le tirage au sort leur a été défavorable », ajoute-t-il.
En 2018, l’Égypte de Salah était de retour au Mondial après 28 ans d’absence, mais l’attaquant, diminué par une blessure à l’épaule contractée en finale de Ligue des champions, n’avait pu empêcher trois défaites, malgré deux buts marqués. L’élimination précoce avait ravivé les comparaisons avec la génération précédente.
Un match test pour l’héritage
Le huitième de finale face à l’Argentine offre à Salah l’occasion de marquer l’histoire de son pays. « Ils ont Messi, mais nous avons Salah », scandent les supporteurs égyptiens, conscients que le joueur touche peut-être à sa dernière chance de briller en Coupe du monde. L’équipe, invaincue dans le tournoi jusqu’à présent, aborde la rencontre avec confiance, même si la star de Liverpool n’est pas encore à cent pour cent de ses moyens physiques.
Au-delà du résultat, ce match représente un symbole pour le football égyptien : faire taire les fantômes du passé et offrir à sa « génération dorée » une postérité qui dépasse les simples souvenirs continentaux.