Le Britannique Arthur Fery a écrit l'une des plus belles pages de sa jeune carrière lundi en battant Grigor Dimitrov au quatrième tour de Wimbledon. Le score final de 7-5, 3-6, 4-6, 6-4, 7-6 (10-7) en faveur du joueur de 23 ans, classé 114e mondial, a électrisé le Centre Court. Fery est désormais le seul représentant de son pays encore en lice dans les tableaux simples hommes et femmes.

Cette performance est d'autant plus remarquable que Fery bénéficiait d'une invitation des organisateurs. Il est le premier wild-card à se hisser en quarts de finale du simple messieurs à Wimbledon depuis Nick Kyrgios en 2014, et le premier Britannique wild-card à atteindre un quart de finale du Grand Chelem. Avant lui, aucun compatriote n'était parvenu aussi loin dans le tournoi.

Un combat de cinq manches

Face à un adversaire expérimenté et ancien numéro trois mondial, Fery a dû puiser dans ses réserves de courage et de ténacité. Après avoir remporté le premier set, il a perdu les deux suivants avant de s'accrocher pour égaliser dans le quatrième. Le set décisif s'est conclu par un tie-break à dix points que Fery a maîtrisé pour sceller sa victoire. « Ce que j'ai vécu aujourd'hui, je le chérirai pour le reste de ma vie », a-t-il confié après la rencontre. « C'est la première fois que je joue sur cette scène, peut-être que ce sera la première et la dernière fois, mais j'espère que non. » Roger Federer, présent dans la loge royale, a assisté à ce moment historique.

Un parcours semé d'embûches

Pour en arriver là, Arthur Fery a dû surmonter plusieurs épreuves. Au premier tour, il a écarté le Bosnien Damir Dzumhur en quatre manches. Au second tour, il a dominé le Finlandais Otto Virtanen, encore en quatre sets, malgré des saignements de nez à répétition qui ont nécessité trois interventions médicales. Au troisième tour, il a livré le match le plus long du tournoi jusque-là, en 4 heures 39 minutes, pour venir à bout du Belge Zizou Bergs en cinq sets, après avoir été mené d'un set et d'un break. « Je n'ai pas de mots pour décrire cela », avait-il déclaré à l'issue de cette rencontre. « Il me faudra du temps pour digérer. »

Un espoir né en France

Né à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, Arthur Fery représente la Grande-Bretagne sur le circuit. Avec ses 1,75 mètre, il est plus petit que la moyenne des joueurs du circuit, mais il compense par une mobilité exceptionnelle et un jeu complet. Alex Ward, entraîneur national au sein de la Fédération britannique de tennis, souligne : « Il a dû développer un jeu complet, capable de monter au filet, de défendre, d'attaquer, d'utiliser des variations. Il croit sincèrement pouvoir battre ses adversaires, et c'est une force énorme. »

Prochain défi

En quarts de finale, Fery affrontera mercredi l'Italien Flavio Cobolli, neuvième tête de série du tournoi. Ce jour sera également celui de son 24e anniversaire. Pour le moment, le jeune homme savoure son parcours : « Il y a une semaine, j'aurais été heureux de gagner quelques matches ici. En gagner quatre et être en quarts, c'est un rêve. »

Le reste des espoirs britanniques s'est éteint dès les premiers tours. Katie Swan, Jacob Fearnley et Jan Choinski ont tous été éliminés au deuxième tour, tandis qu'Emma Raducanu et Jack Draper étaient absents sur blessure. Sur les 19 Britanniques engagés dans les simples, seuls quatre avaient franchi le premier tour, un record négatif depuis 1988. Arthur Fery est donc le dernier à porter les couleurs de son pays.