Alors qu’une nouvelle vague de chaleur frappe une grande partie du territoire, les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) mettent en œuvre des mesures exceptionnelles pour protéger leurs salariés exposés en plein air. Chômage technique, horaires décalés et pauses obligatoires figurent parmi les dispositifs activés ces derniers jours sur de nombreux chantiers.
Le code du travail prévoit déjà des dispositions spécifiques en cas de fortes chaleurs, mais les employeurs du secteur doivent désormais composer avec des températures dépassant régulièrement les 35 °C à l’ombre. Plusieurs fédérations professionnelles ont rappelé aux adhérents la nécessité de suspendre les travaux les plus pénibles lorsque le mercure atteint des seuils critiques.
Horaires avancés et pauses rallongées
Sur les chantiers, la journée commence souvent dès 5 heures du matin pour s’achever en début d’après-midi. Ce décalage permet d’éviter les heures les plus chaudes, entre 13 heures et 16 heures. Les ouvriers bénéficient également de pauses supplémentaires, allongées à vingt minutes toutes les heures, et d’un accès permanent à de l’eau fraîche. Des salles climatisées ou ombragées sont aménagées à proximité des zones de travail.
Certaines grandes entreprises de construction ont également recours au chômage technique partiel lorsque les conditions météorologiques rendent le travail impossible. Ce dispositif, prévu par le code du travail, permet de suspendre l’activité tout en maintenant une partie de la rémunération des salariés via des indemnités versées par l’État.
Des obligations légales renforcées
La réglementation impose à l’employeur d’évaluer les risques liés aux fortes chaleurs et de mettre en place des mesures de prévention adaptées. En cas de dépassement d’un certain seuil de température, l’inspection du travail peut ordonner l’arrêt du chantier. Les syndicats de salariés réclament depuis plusieurs années un abaissement de ce seuil et une meilleure prise en compte des épisodes caniculaires récurrents.
Dans les faits, l’application de ces règles varie selon la taille des entreprises. Les plus grandes disposent de services de santé au travail et de référents sécurité, tandis que les petites structures, nombreuses dans le BTP, peinent parfois à mettre en œuvre les mesures recommandées.
Un enjeu de santé publique et de productivité
Au-delà des obligations légales, l’adaptation au changement climatique devient un impératif économique pour le secteur. Les arrêts de travail liés aux coups de chaleur et aux malaises représentent un coût croissant pour les entreprises. Certaines expérimentent des solutions innovantes, comme des vêtements de travail rafraîchissants ou des nacelles climatisées pour les travaux en hauteur.
Les organisations patronales du BTP insistent sur la nécessité de concilier sécurité des travailleurs et respect des délais de chantier. Elles plaident pour un assouplissement des normes d’urbanisme afin d’autoriser plus facilement les décalages d’horaires.
En attendant, sur le terrain, les ouvriers composent avec la chaleur comme ils le peuvent. Entre les pauses obligatoires et les rotations d’équipes, l’objectif est de tenir le planning sans mettre la santé en danger. Une gageure qui pourrait devenir la norme lors des étés à venir.