Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, a prononcé une allocution dans laquelle il a réaffirmé la position de Beyrouth dans le conflit qui l'oppose à Israël. Il a qualifié l'approche adoptée par son gouvernement de « guerre diplomatique », insistant sur la nécessité de privilégier les voies de négociation pour résoudre les différends avec l'État hébreu. Le chef de l'État a également été catégorique quant à l'intégrité territoriale du Liban, promettant de ne céder « pas un pouce » de territoire.

Ce discours intervient dans un contexte de tensions persistantes le long de la frontière israélo-libanaise, marqué par des échanges de tirs et des incursions militaires. Le Liban cherche à obtenir le retrait des forces israéliennes des zones qu'elles occupent encore dans le sud du pays, ainsi que le respect de sa souveraineté. Le président Aoun a souligné que la diplomatie reste l'arme principale du Liban pour parvenir à une solution juste et durable, tout en mettant en garde contre toute tentative d'imposer des faits accomplis sur le terrain.

Des négociations en cours

Cette prise de position intervient alors que de nouveaux cycles de pourparlers sont annoncés. Israël a confirmé la tenue prochaine d'un nouveau round de discussions avec le Liban à Rome, sous médiation internationale. Ces négociations, qui s'inscrivent dans le cadre de l'accord-cadre signé fin juin, visent à définir les modalités d'un retrait israélien progressif du sud du Liban et à stabiliser la frontière. Cependant, des divergences demeurent, notamment sur la question du désarmement du Hezbollah, condition posée par Israël pour un retrait complet.

La souveraineté comme ligne rouge

En déclarant qu'aucune parcelle de terre ne sera concédée, Joseph Aoun répond aux craintes d'une partie de la classe politique et de la population libanaise, qui redoutent que les négociations ne débouchent sur des compromis territoriaux. Le président a également appelé à l'unité nationale face aux défis sécuritaires et politiques. Il a insisté sur le rôle de l'armée libanaise comme seul garant de la sécurité dans le sud, réaffirmant son engagement à déployer les forces régulières dans toutes les zones libérées.

Cette déclaration intervient dans un climat de méfiance mutuelle, alors que le Hezbollah continue de revendiquer des opérations contre l'armée israélienne, malgré les accords de cessez-le-feu conclus. La formation chiite, qui reste influente dans le sud du pays, a réitéré son droit à répondre aux violations israéliennes, compliquant la mise en œuvre de tout arrangement diplomatique. Le président Aoun, tout en maintenant le cap de la négociation, semble ainsi chercher à rassurer à la fois ses alliés et ses opposants sur la fermeté de l'État libanais.