Le dernier seizième de finale de la Coupe du monde 2026 met aux prises la Colombie et le Ghana, samedi 4 juillet à 3 h 30, au stade Arrowhead de Kansas City. L'enjeu est clair : le vainqueur de cette rencontre à élimination directe décrochera son billet pour les huitièmes de finale, où l'attend la Suisse mardi prochain à Vancouver. Pour les deux équipes, il s'agit de la dernière chance de se hisser dans le tableau final.
Un choc entre deux mondes du football
La Colombie aborde ce match avec un bilan flatteur. Les hommes de Nestor Lorenzo ont survolé le groupe K, terminant à la première place avec deux victoires – contre l'Ouzbékistan (18 juin) et la République démocratique du Congo (24 juin) – et un match nul de haute facture face au Portugal, tenu en échec le 28 juin. Cette performance a valu aux Cafeteros les louanges de plusieurs observateurs. Cristiano Ronaldo, l'attaquant portugais, a salué une « équipe très solide », tandis que le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a inclus la Colombie dans sa liste des favorites. L'ancien attaquant anglais Gary Lineker, consultant pour Netflix, a même confié : « Je n'aimerais pas jouer contre la Colombie. »
En face, le Ghana a hérité d'un parcours plus heurté. Les Black Stars se sont qualifiés in extremis pour la phase à élimination directe, dans un groupe F où ils ont dû batailler jusqu'au dernier match. Leur parcours reste néanmoins marqué par une défaite cinglante contre l'Italie (5-1) en ouverture, suivie d'une victoire étriquée contre la Slovaquie (1-0) et d'un match nul contre l'Équateur (1-1).
Carlos Queiroz, l'homme des retrouvailles
Cette affiche revêt une dimension particulière pour Carlos Queiroz, le sélectionneur portugais du Ghana. L'ancien entraîneur du Real Madrid et de l'Égypte a dirigé la Colombie de 2019 à 2020, mais son passage a été écourté après des résultats jugés insuffisants. Ce samedi, il se retrouve face à ses anciens joueurs, qu'il connaît bien et qu'il tentera de déstabiliser. Queiroz n'a pas caché son ambition : créer la surprise et éliminer les Cafeteros, une équipe qu'il a lui-même façonnée.
Ce n'est pas la première fois que ce Mondial met en scène des retrouvailles entre un sélectionneur et son ancienne équipe. Plus tôt dans la compétition, le Suisse Vladimir Petkovic a affronté la Suisse, son pays adoptif, sur le banc de l'Algérie, avec une issue fatale pour les Fenneks, éliminés en seizièmes. Queiroz espère éviter le même sort à la Colombie.
Daniel Muñoz, l'homme en forme
Du côté colombien, l'un des joueurs clés sera Daniel Muñoz. Le latéral droit, qui a longtemps été considéré comme un indésirable en sélection, est devenu le meilleur buteur de son équipe lors de ce Mondial. Il a inscrit le but décisif lors de la victoire face à la RDC, offrant ainsi la qualification à son pays. Muñoz incarne la renaissance des Cafeteros, qui reviennent au premier plan après avoir manqué la Coupe du monde 2022 au Qatar. La finale de la Copa América 2024 perdue contre l'Argentine et une phase de qualifications sud-américaines ponctuée par une troisième place ont forgé ce collectif.
Un match ouvert mais déséquilibré
Sur le papier, la Colombie part favorite. Sa solidité défensive, sa capacité à marquer des buts et sa forme étincelante en phase de groupes lui confèrent un avantage certain. Mais le Ghana compte sur l'expérience de Queiroz et sur la vélocité de ses attaquants pour créer la surprise. Le sélectionneur portugais a promis de jouer « sans complexe » et compte bien exploiter les failles des Sud-Américains.
Le stade Arrowhead de Kansas City, d'une capacité de 76 000 places, devrait être largement acquis à la cause des Black Stars, la diaspora ghanéenne étant nombreuse aux États-Unis. Les Cafeteros devront composer avec un public hostile, mais ils abordent ce match avec sérénité. Le vainqueur sera fixé dans la nuit de samedi à dimanche.