La sélection française a composté son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026, samedi 4 juillet à Philadelphie, en dominant le Paraguay sur le score étriqué d'un but à zéro. Un succès arraché dans la douleur, au terme d'une rencontre marquée par la rudesse des débats et un penalty transformé par Kylian Mbappé. Les vice-champions du monde en titre y affronteront le Maroc, qualifié plus tôt dans la journée.

Un match sous haute tension

Dès les premières minutes, les Paraguayens ont imposé un rythme haché et une agressivité constante. Multipliant les fautes, les joueurs de l'Albirroja ont testé les limites de l'arbitrage, sans être sanctionnés d'un carton jaune de toute la partie. En revanche, trois Tricolores – dont Bradley Barcola – ont écopé d'un avertissement. « Je n'avais jamais joué un match comme ça, avec autant de coups, de coups en traître, de poussées dans le dos », a confié l'attaquant parisien après le match. « C'était compliqué, mais on a gagné. Tous les coups que j'ai pris, il ne fallait pas que je réponde, il ne fallait pas que je rentre dans ce jeu là. »

La force mentale des Bleus saluée

Face à une équipe qui cherchait visiblement à les déstabiliser, les hommes du sélectionneur ont fait preuve d'une maîtrise psychologique que les intéressés ont eux-mêmes soulignée. William Saliba a estimé que ses coéquipiers savaient à quoi s'attendre : « Ils ne nous ont rien donné, ils nous sont rentrés dedans et ont essayé de nous faire sortir de notre match. On est resté concentrés. Il y avait de la nervosité, mais on a montré qu'on n'allait pas se laisser faire. » Le défenseur a toutefois reconnu que « l'arbitre aurait pu donner quelques cartons jaunes, ça les aurait un peu calmés ».

Entré en cours de jeu, Ryan Cherki a tenu un discours similaire, revendiquant la capacité de son équipe à batailler. « Sur l'arbitrage, je n'ai rien à dire, vous avez vu par vous-même : combien il y a eu de fautes (pour le Paraguay) ? 30, 40 ? Et zéro carton jaune. » L'ironie du propos tranche avec l'agacement perceptible dans les vestiaires.

Le penalty de Kylian Mbappé, seul éclair du match

Alors que le bloc bas paraguayen semblait hermétique et que les occasions franches se comptaient sur les doigts d'une main, c'est finalement sur un penalty – obtenu après une faute dans la surface – que Kylian Mbappé a délivré les siens. Son tir a trouvé le fond des filets, offrant à la France une qualification étriquée mais précieuse. Le capitaine tricolore a ainsi confirmé son rôle de leader dans les moments décisifs.

Un public soulagé

Dans les travées du stade de Philadelphie, les supporters français ont vécu une soirée frustrante avant de pouvoir souffler. Interrogés par les envoyés spéciaux, ils faisaient état d’un sentiment de soulagement mêlé d'inquiétude, voyant leur équipe peiner à débloquer la situation. La chaleur et l'orage menaçant en toile de fond n'ont fait qu'ajouter à la tension ambiante.

Des quarts de finale alléchants

Avec ce succès, la France rejoint le Maroc en quarts de finale, une affiche qui promet un choc électrique. Les Lions de l'Atlas se sont, eux aussi, qualifiés samedi. Les Bleus savent qu'ils devront hausser leur niveau de jeu s'ils veulent poursuivre leur route vers un troisième titre mondial. La bataille du milieu de terrain s'annonce capitale, d'autant qu'Aurélien Tchouaméni, forfait pour ce huitième, n'est pas certain d'être rétabli à temps.

Un avertissement pour la suite

Si la victoire est au rendez-vous, la prestation française a montré des limites : une animation offensive parfois brouillonne et une fébrilité dans la dernière passe. Le sélectionneur devra trouver des solutions pour éviter que le bloc adverse ne condamne autant ses attaquants. Les prochains jours seront décisifs pour ajuster le dispositif.