Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu ce lundi 8 juin l'existence d'un « dysfonctionnement absolument terrifiant » et « grave des services de la justice » dans le cadre de l'affaire du meurtre de Lyhanna, une adolescente de 14 ans. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse tenue à l'issue d'une réunion qu'il avait convoquée avec l'ensemble des procureurs généraux du pays.
« On aurait pu changer les choses », a-t-il déclaré, cité par plusieurs sources, en référence aux failles qui ont précédé le drame. Le ministre a estimé que le système judiciaire n'avait pas su protéger la jeune fille, malgré des signalements et une situation qui auraient dû alerter les autorités.
Une réunion de crise avec les procureurs
Cette réunion, organisée en urgence, visait à comprendre les dysfonctionnements ayant conduit au meurtre et à éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Gérald Darmanin a précisé que des inspections allaient être diligentées et qu'« en fonction du résultat des inspections, il pourrait y avoir des sanctions ». Il n'a pas donné plus de détails sur les procédures disciplinaires envisagées, mais a laissé entendre que des responsabilités pourraient être engagées.
Le ministre a également révélé un chiffre frappant pour illustrer l'ampleur du problème : « Il y a 70.000 plaintes connues des procureurs de la République pour un délit ou un crime concernant des mineurs ». Cette donnée, avancée en conférence de presse, vise à souligner le volume considérable d'affaires sensibles auxquelles la justice est confrontée quotidiennement.
Des dysfonctionnements en amont
Selon les informations disponibles, Lyhanna avait été victime de violences et de menaces répétées avant d'être tuée. Les circonstances exactes du meurtre n'ont pas été précisées par les sources, mais le ministre a pointé du doigt des défaillances dans le suivi de son dossier par les services judiciaires. « Il y a eu un dysfonctionnement grave des services de la justice », a-t-il martelé, sans éluder la responsabilité de son administration.
Cette affaire a suscité une vive émotion dans l'opinion publique et a relancé le débat sur le traitement des plaintes pour violences faites aux mineurs. Des rassemblements étaient prévus devant plusieurs tribunaux du pays pour dénoncer ces failles et rendre hommage à la victime.
Des annonces attendues
Le garde des Sceaux n'a pas annoncé de mesures concrètes immédiates, mais a promis que les conclusions des inspections permettraient de « changer les choses » structurellement. Il a insisté sur la nécessité d'améliorer la coordination entre les différents acteurs de la justice et de mieux protéger les enfants en danger.
L'affaire Lyhanna vient s'ajouter à une série de drames similaires qui ont mis en lumière les carences du système de protection de l'enfance et de la justice en France. La reconnaissance par le ministre d'un « dysfonctionnement absolument terrifiant » constitue une prise de parole rare et forte, susceptible de déboucher sur des réformes.