Le bilan de la sécurité routière pour l'année 2025, dévoilé ce vendredi, fait état d'une aggravation de la mortalité sur les routes de l'Hexagone et des Outre-mer. Selon les données compilées par l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3 515 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation l'an dernier, soit une hausse de 2,4 % par rapport à l'année précédente.

Cette progression a été qualifiée de « choc » par Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Sécurité routière. « Derrière chaque mort sur la route, il y a une famille brisée », a-t-elle déclaré, affirmant refuser de « considérer ces décès comme une fatalité ».

Des comportements à risque en cause

Le détail des circonstances des accidents mortels met en lumière des facteurs récurrents. La vitesse excessive arrive en tête, étant impliquée dans 29 % des cas. L'alcool est responsable de 21 % des décès, tandis que l'inattention au volant compte pour 13 % des drames. Enfin, la conduite sous l'emprise de stupéfiants représente 11 % des accidents mortels. « De nombreux drames sont encore causés par des comportements excessifs à risque », a souligné la ministre, évoquant des vies « qui auraient pu être sauvées ».

Hommes largement surreprésentés

Les statistiques confirment une disparité marquée entre les sexes. Les hommes présentent trois fois plus de risques de décéder sur la route que les femmes, et cinq fois plus de risques d'être à l'origine d'un accident mortel. Ils représentent 77 % des personnes tuées et 83 % des conducteurs présumés responsables d'accidents mortels en métropole.

Des victimes collatérales nombreuses

Le bilan révèle également que sur les 3 263 décès enregistrés sur le continent, 1 216 personnes n'étaient pas responsables de l'accident dans lequel elles ont trouvé la mort. Parmi ces victimes non responsables, plus de la moitié (53 %) appartiennent à la catégorie des usagers vulnérables, c'est-à-dire les piétons, cyclistes, utilisateurs d'engins de déplacement personnel motorisés et deux-roues motorisés.

Situation préoccupante outre-mer

Dans les territoires d'Outre-mer, la tendance est également à la hausse, avec 252 décès enregistrés en 2025, soit une augmentation de 5 % par rapport à 2024. Dans ces régions, la proportion d'hommes parmi les auteurs présumés d'accidents mortels atteint 91 %.

Un appel à la responsabilité collective

Alors que s'annoncent les grands départs estivaux, Marie-Pierre Vedrenne a lancé un appel à la vigilance. « La route n'est pas un espace de transgression, c'est un espace de responsabilité collective », a-t-elle martelé, invitant « à la conscience de chacun ».

L'objectif d'une réduction durable de la mortalité routière reste un défi pour les pouvoirs publics, confrontés à la persistance de comportements dangereux malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs répressifs en place.