Alors que les États-Unis et l'Iran s'apprêtent à signer un accord préliminaire de cessez-le-feu, attendu d'ici la fin de la semaine, Benjamin Netanyahou se retrouve dans une position délicate. Le Premier ministre israélien, qui avait milité pendant des années pour une confrontation avec la République islamique, s'abstient pour l'instant de toute condamnation publique du texte négocié par son allié américain.
Un silence qui en dit long
Ce mutisme contraste avec les réactions virulentes de plusieurs responsables israéliens. Le centriste Gadi Eisenkot, donné favori pour succéder à Netanyahou lors des élections législatives prévues plus tard dans l'année, a qualifié l'accord de « résultat désastreux d'un gouvernement défaillant ». Il a également souligné le « fossé immense » entre les « promesses de victoire totale » répétées par le chef du gouvernement et les termes de l'entente américano-iranienne.
De l'autre côté de l'échiquier politique, les ministres d'extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich n'ont pas mâché leurs mots. Ben-Gvir a appelé à ne pas se plier aux accords conclus entre le président Donald Trump et le guide suprême iranien, tandis que Smotrich a dénoncé un « mauvais accord ». L'hebdomadaire Haaretz a résumé le sentiment général par cette une : « Le fiasco iranien est le plus grand échec de Netanyahou depuis le 7 octobre ».
Un équilibre diplomatique instable
Après plus de trois mois d'une guerre hésitante avec l'Iran, les États-Unis, principal allié d'Israël, ont négocié cet arrangement sans concertation préalable apparente avec Jérusalem. L'État iranien, présenté depuis des décennies comme une menace existentielle par les dirigeants israéliens, reste debout et semble même renforcé par son contrôle du détroit d'Ormuz.
Cette situation complique également les opérations militaires israéliennes au Liban, présentées comme nécessaires pour contrer les tirs de roquettes du Hezbollah, allié de Téhéran. Tout mouvement contre le Hezbollah pourrait désormais menacer l'accord entre Washington et Téhéran.
Un enjeu électoral majeur
Netanyahou, qui a bâti une partie de sa carrière politique sur la diabolisation de l'Iran, sait qu'il ne peut plus se permettre de faire cavalier seul. L'opposition, tant centriste qu'extrême droite, utilise déjà cet accord comme un levier contre lui à l'approche des urnes. Le silence du Premier ministre pourrait refléter une volonté de ne pas froisser Donald Trump, dont le soutien reste crucial pour la sécurité d'Israël.
La signature de l'accord, prévue à Genève dans les prochains jours, marquera une étape clé dans un conflit qui a profondément fragmenté le paysage politique israélien et exposé les limites de la stratégie de confrontation de Netanyahou.