Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est rendu ce jeudi 28 mai dans le quartier des Moulins à Nice, quinze jours après une fusillade qui a coûté la vie à deux personnes et fait six blessés. Accompagné du ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, le locataire de la Place Beauvau a tenté d'apporter une réponse politique à un drame qui a ravivé les craintes liées au narcotrafic dans ce secteur de la ville.

Interrogé sur la capacité de l'État à faire face à la situation, Laurent Nuñez a déclaré : « Non, l'État n'est pas débordé ». Il a également estimé que « le narcotrafic n'est pas une fatalité », cherchant à rassurer des habitants et des élus locaux préoccupés par l'emprise des réseaux criminels. Cette visite intervient alors que la tension reste vive aux Moulins, où des points de deal sont régulièrement signalés.

Les propos du ministre ont toutefois été accueillis avec scepticisme par certains résidents et associations de quartier, qui jugent les mesures annoncées insuffisantes face à un phénomène jugé structurel. Plusieurs voix critiquent un déplacement jugé trop tardif ou trop symbolique, alors que les fusillades se multiplient dans les quartiers populaires de l'agglomération niçoise.

Laurent Nuñez a néanmoins rappelé les dispositifs déjà en place, notamment le renforcement des effectifs de police et la coopération avec la justice. Il a promis une « mobilisation durable » des forces de l'ordre pour reprendre le contrôle des zones les plus touchées. Philippe Tabarot, de son côté, a évoqué des pistes pour améliorer la sécurité dans les transports en commun, souvent utilisés par les trafiquants.

Cette séquence s'inscrit dans un contexte national où le gouvernement multiplie les annonces en matière de lutte contre le narcotrafic. Une loi spécifique, présentée comme plus répressive, est en cours d'examen au Parlement. Le déplacement à Nice vise à montrer que l'exécutif ne reste pas inactif, même si le décalage entre le discours officiel et le ressenti des habitants demeure patent.

Les prochains jours devraient permettre de jauger l'impact concret de cette visite. Les associations de quartier attendent désormais des actes, et non plus seulement des paroles, pour enrayer ce qu'elles décrivent comme une « spirale de violence ».