La cour d'appel de Norvège a ordonné la remise en liberté de Marius Borg Høiby, le fils aîné de la princesse héritière Mette-Marit, en raison d'une grave maladie. L'information a été confirmée par les autorités judiciaires dans un communiqué rendu public ce lundi 8 juin.

Âgé de 28 ans, Marius Borg Høiby avait été condamné à quatre ans de prison par le tribunal de district d'Oslo pour des faits de viols. Il avait été reconnu coupable d'avoir violé deux femmes lors de deux épisodes distincts survenus entre 2021 et 2023. Le jugement avait été rendu en février dernier, mais la défense avait immédiatement fait appel.

La cour d'appel a justifié sa décision par la dégradation de l'état de santé du prévenu, évoquant une pathologie grave sans en préciser la nature exacte. Les médecins ayant examiné l'intéressé ont conclu que la détention n'était plus compatible avec son état. La justice a donc estimé que les conditions de la détention provisoire n'étaient plus réunies.

Marius Borg Høiby est le fils aîné de la princesse héritière Mette-Marit, née d'une précédente relation avant son mariage avec le prince héritier Haakon en 2001. Il ne porte pas de titre royal et n'exerce aucune fonction officielle au sein de la famille royale norvégienne. Ces dernières années, il a fait l'objet de plusieurs affaires judiciaires, dont une précédente condamnation pour des faits de violence.

Le parquet a indiqué qu'il étudiait la possibilité de former un pourvoi devant la Cour suprême contre la décision de remise en liberté. De leur côté, les avocats de la défense ont salué une décision « conforme à l'état de droit » et ont rappelé que leur client reste présumé innocent tant que la procédure d'appel n'est pas définitivement close.

La famille royale de Norvège n'a pas commenté publiquement cette affaire, conformément à sa politique de ne pas interférer avec les procédures judiciaires. La princesse Mette-Marit, qui a publiquement évoqué par le passé les difficultés rencontrées par son fils aîné, n'a pas réagi à cette décision.

L'affaire suscite un vif intérêt médiatique en Norvège, où les faits reprochés à Marius Borg Høiby ont profondément choqué l'opinion publique. Le procès en première instance avait été largement couvert par la presse scandinave. La remise en liberté pour raisons médicales ajoute un nouvel épisode à ce feuilleton judiciaire qui suit la famille royale depuis plusieurs mois.

Réactions et implications

Cette décision pourrait relancer le débat sur le traitement des personnes gravement malades dans le système judiciaire norvégien. Des associations de défense des droits des victimes ont exprimé leur inquiétude, estimant que la gravité des faits reprochés aurait dû primer sur les considérations médicales. D'autres voix, plus mesurées, rappellent que la loi prévoit des aménagements de peine pour les détenus en mauvaise santé.

La cour d'appel devrait se prononcer dans les prochains mois sur le fond de l'affaire, à savoir la confirmation ou l'infirmation de la condamnation pour viols. Marius Borg Høiby reste sous contrôle judiciaire et devra se soumettre à des obligations de soins.

L'affaire a également des résonances politiques : certains parlementaires norvégiens ont appelé à une réforme de la législation sur les violences sexuelles, estimant que les peines prononcées ne sont pas toujours à la hauteur de la gravité des faits. Le gouvernement n'a pas officiellement réagi à ces demandes pour l'instant.