Fleurance, Gers – Un dernier adieu discret
Ce vendredi, la petite Lyhanna, âgée de trois ans, a été inhumée à Fleurance, dans le département du Gers, lors d'une cérémonie que ses proches ont souhaité maintenir dans la plus stricte intimité. Selon les informations recueillies, l'hommage s'est déroulé en présence de la famille proche et d'amis. Un cortège de motards a également escorté le convoi funéraire jusque dans le village, où des roses blanches ont été déposées en mémoire de l'enfant.
La communauté locale s'est associée à ce moment de deuil, plusieurs habitants ayant tenu à manifester leur soutien aux parents. La maire de Fleurance, Françoise Lapeyre, a salué la dignité des proches dans cette épreuve, tout en réaffirmant la nécessité de faire toute la lumière sur les événements ayant conduit au décès.
Les faits à l'origine de l'affaire
Lyhanna avait été retrouvée sans vie le samedi 7 juin à son domicile de Puycasquier, une commune voisine. L'autopsie a révélé une mort violente, et sa mère a été mise en examen et placée en détention provisoire pour homicide volontaire. Le parquet d'Auch a confirmé l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide sur mineur de moins de quinze ans.
Des dysfonctionnements pointés du doigt
Depuis la découverte du corps, de nombreuses questions émergent quant au suivi judiciaire et social dont la famille faisait l'objet. Il apparaît que la mère de Lyhanna était connue des services de protection de l'enfance et avait déjà été condamnée pour des violences sur un aîné. Selon des sources proches du dossier, une enquête préliminaire pour « violences habituelles sur mineur de moins de quinze ans » avait été ouverte en février dernier, après le signalement d'un hématome sur le visage de la fillette. Cette enquête avait été confiée à une brigade de gendarmerie du département.
Les investigations menées jusqu'au drame n'avaient pas abouti à un placement de l'enfant, ce qui interroge aujourd'hui les associations de défense des droits de l'enfant et plusieurs élus locaux. Le préfet du Gers a annoncé le déclenchement d'une inspection conjointe de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l'Inspection générale de la justice (IGJ) pour analyser les dysfonctionnements éventuels.
Les étapes de l'enquête en cours
Les auditions se poursuivent pour déterminer les responsabilités. Les services départementaux de l'aide sociale à l'enfance (ASE) sont également entendus dans le cadre de l'enquête. Plusieurs syndicats de magistrats et d'avocats ont pris la parole pour dénoncer un manque de moyens chronique dans les juridictions et les services sociaux, qui empêcherait une protection efficace des enfants en danger.
La garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a indiqué avoir demandé un rapport accéléré sur cette affaire et a promis des mesures pour renforcer le partage d'informations entre les services judiciaires et sociaux. Il a également souhaité que la justice rende des comptes sur les éventuelles défaillances individuelles.
L'émotion persiste dans le Gers
À Puycasquier et dans les communes alentour, la mort de Lyhanna a provoqué une onde de choc. Un rassemblement citoyen est annoncé pour lundi prochain afin d'exiger une réforme du dispositif de protection de l'enfance. De nombreuses voix s'élèvent pour que ce drame ne reste pas sans conséquences et que les leçons soient tirées.
En attendant, l'instruction suit son cours, plusieurs expertises médico-légales et psychologiques étant encore en cours. L'audience de la cour d'appel d'Agen, qui doit examiner le maintien en détention de la mise en cause, est prévue dans les prochains jours.