Les obsèques de Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée sans vie le 4 juin dernier dans un silo agricole à Puycasquier, se déroulent ce vendredi 12 juin à Fleurance, dans le Gers. Selon Me François Roujou de Boubée, avocat de la famille, la cérémonie est prévue à 14h30 et se tiendra « dans la plus stricte intimité », conformément aux souhaits des proches.
À cette occasion, l'association des maires du Gers a proposé un moment de recueillement devant les mairies du département, avec des drapeaux mis en berne, en hommage à l'enfant. Une initiative qui témoigne de l'émotion suscitée par cette affaire dans toute la région et au-delà.
Le principal suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration ». Il doit être présenté à nouveau au juge d'instruction au tribunal d'Agen. Une requalification pour meurtre est attendue, tandis que le procureur doit communiquer les résultats de l'autopsie, notamment sur les causes de la mort et la présence éventuelle de traces d'agression sexuelle.
Des dysfonctionnements pointés du doigt
L'affaire a mis en lumière de graves lacunes dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Malgré plusieurs signalements, Jérôme Barella n'avait jamais été interpellé ni auditionné. Ces révélations ont provoqué une onde de choc et conduit à l'ouverture d'une enquête administrative, confiée aux Inspections générales de la gendarmerie et de la justice. Les conclusions sont attendues pour le 19 juin.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a déclaré que « s'il y a des erreurs, je prendrai des sanctions ». Il a également demandé un recensement de « l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 procédures, avant le 14 juillet.
Les plus hautes autorités réagissent
Le président de la République, Emmanuel Macron, a estimé que l'affaire posait « la question de la confiance en nos institutions », évoquant « des dysfonctionnements manifestes ». Il a appelé à réagir « à la lumière des faits » et « sans démagogie », tout en reconnaissant que « nous n'avons pas été assez vite et fort » pour protéger les enfants des violences. « On a changé les lois pour protéger, mais on n'a pas été assez vite et fort à mes yeux sur l'éloignement des agresseurs ou des agresseurs présumés », a-t-il ajouté lors d'une visite à l'hôpital Robert-Debré.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé devant le Sénat qu'il prendrait dans les « tout prochains jours » un décret sur « la nécessité de motiver » les classements sans suite des plaintes concernant les crimes sexuels sur des mineurs. Il a reconnu un problème de « moyens pour l'institution judiciaire », mais pas spécifiquement dans cette affaire.
Un deuil qui laisse des traces
Alors que la famille de Lyhanna s'apprête à lui rendre un dernier hommage, l'émotion reste intacte à Puycasquier et dans tout le Gers. La colère des habitants, exprimée à la veille des obsèques, reflète un profond malaise face à un système qui n'a pas su protéger l'enfant. Les proches et les associations attendent désormais des actes concrets pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus.