Le paysage bancaire italien connaît un nouvel épisode majeur. Moins de 24 heures après que Banco BPM a présenté son projet de fusion « entre égaux » avec Monte dei Paschi di Siena, une contre-offre de taille a vu le jour. Intesa Sanpaolo, première banque du pays, a en effet officialisé une proposition de rachat de l'établissement siennois pour un montant total de 30,6 milliards d'euros, soit environ 35,3 milliards de dollars.
Modalités de l'offre
Selon les termes dévoilés par la direction de l'établissement milanais, l'acquisition serait réalisée via un échange d'actions complété par une composante en numéraire. Pour chaque action de Banca Monte dei Paschi di Siena détenue, il serait offert 1,6 action propre d'Intesa Sanpaolo ainsi qu'un euro en espèces. Cette proposition valorise significativement la banque fondée en 1472, considérée comme la plus ancienne institution bancaire encore en activité dans le monde.
Une séquence diplomatique mouvementée
Cette annonce survient dans un contexte de recomposition accélérée du crédit en Italie. La veille, Banco BPM — troisième groupe bancaire du pays — avait dévoilé son intention de s'unir avec Monte dei Paschi dans le cadre d'une opération présentée comme une fusion entre partenaires de statut équivalent. L'irruption d'Intesa Sanpaolo, acteur bien plus capitalisé, rebat les cartes de ce rapprochement naissant.
Réactions et enjeux
Les marchés financiers ont immédiatement réagi à cette succession d'annonces. Si les termes exacts de la contre-proposition d'Intesa devront encore être examinés par les conseils d'administration et les autorités de régulation, l'offre place la banque milanaise en position de force dans la course au contrôle de Monte dei Paschi. Le gouvernement italien, qui détient encore une participation dans l'ex-banque publique après son sauvetage de 2017, suit de près ces évolutions.
L'opération, si elle aboutissait, donnerait naissance à un géant bancaire de dimension européenne, renforçant la concentration du secteur en Italie où les grandes banques cherchent à gagner en efficacité opérationnelle et en capacité d'investissement face à la concurrence des établissements du nord de l'Europe.
Les prochaines semaines devraient être décisives, les différentes parties prenantes devant désormais se positionner face à cette offre qui rebat les cartes d'une consolidation bancaire italienne entrée dans une phase particulièrement active.