Une start-up pour repenser l’IA

Yann Le Cun, figure emblématique de l’intelligence artificielle, a installé à Paris sa nouvelle société AMI Labs (Advanced Machine Intelligence Labs). L’entreprise, valorisée à plus de 3,5 milliards de dollars après une levée de fonds supérieure à un milliard de dollars annoncée début mars, se consacre à la recherche sur un modèle d’IA inédit baptisé « world model ». L’objectif affiché est de concevoir des systèmes autonomes et fiables, capables de comprendre et d’interagir avec le monde réel.

L’humain, manager d’une équipe virtuelle

Interrogé sur les craintes de destruction massive d’emplois liée à l’IA, Le Cun a livré une vision radicalement opposée. « On ne peut pas remplacer les humains », a-t-il déclaré. Selon lui, l’intelligence artificielle va au contraire créer de nouvelles fonctions. « Tout le monde sera une sorte de patron d’une équipe de personnes virtuelles qui nous aideront dans notre vie de tous les jours », a-t-il expliqué, décrivant un avenir où chaque individu supervisera des agents numériques pour accomplir des tâches quotidiennes.

Des critiques acerbes envers xAI et une mise en garde sur la bulle

Le scientifique ne s’est pas contenté de dépeindre un avenir radieux. Il a également sévèrement critiqué xAI, la société d’Elon Musk, qu’il qualifie d’« échec ». Plus largement, Le Cun estime que les laboratoires d’IA risquent de voir « éclater une énorme bulle », une mise en garde adressée à l’ensemble d’un secteur qu’il juge parfois surévalué.

Un retour en France salué

Après avoir passé plusieurs années aux États-Unis, notamment en tant que directeur scientifique de l’IA chez Meta, Yann Le Cun a choisi de revenir en France en début d’année pour y implanter AMI Labs. Ce mouvement a été publiquement salué par les autorités, y compris par le chef de l’État. Le chercheur entend ainsi contribuer au dynamisme de la recherche en intelligence artificielle sur le sol français.