OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT, fait l'objet d'une enquête coordonnée menée par plusieurs procureurs généraux d'États américains. Selon des informations rapportées, l'entreprise a reçu une citation à comparaître de la part du bureau du procureur général de New York, vendredi 13 juin. Ce document juridique exige la transmission de documents portant sur un large éventail de sujets, notamment les pratiques publicitaires de la société, les mécanismes d'engagement et de rétention des utilisateurs, la tendance de ses modèles à donner des réponses flatteuses ou conformes aux attentes des utilisateurs (un phénomène parfois qualifié de « sycophancy »), ainsi que la gestion des données des consommateurs et des données de santé. L'enquête s'intéresse également au traitement réservé aux mineurs et aux personnes âgées.
Une coopération annoncée
Un porte-parole d'OpenAI a indiqué que l'entreprise coopère avec l'enquête. « L'IA est une technologie nouvelle et puissante, et nous travaillons chaque jour à apporter ses bénéfices aux personnes de manière responsable », a déclaré le porte-parole dans un communiqué. « Nous prenons au sérieux les préoccupations soulevées par les procureurs généraux des États et avons l'intention de dialoguer de manière constructive avec leurs bureaux. » La même source a également précisé que ChatGPT propose désormais « une expérience plus protectrice pour les mineurs et les personnes vivant des situations difficiles, avec des garde-fous qui les orientent vers des ressources réelles et des contacts humains de confiance ».
La société a refusé de divulguer l'identité des États impliqués dans cette enquête, ainsi que des détails supplémentaires sur la nature précise des informations demandées. Le bureau du procureur général de New York n'a pas non plus confirmé publiquement ces éléments.
Un contexte juridique déjà chargé
Cette nouvelle enquête s'ajoute à une série de contentieux auxquels OpenAI est confronté. L'entreprise a récemment remporté un procès très médiatisé l'opposant à son cofondateur Elon Musk, qui l'accusait d'avoir violé son accord de fondation. Toutefois, l'avocat principal de M. Musk a indiqué son intention de faire appel de cette décision.
Parallèlement, OpenAI fait face à des plaintes pour violation de droits d'auteur, ainsi qu'à des actions en justice liées au rôle présumé de ChatGPT dans le suicide d'un adolescent. Début juin, le procureur général de Floride, James Uthmeier, a intenté une action en justice contre OpenAI et son directeur général, Sam Altman, les accusant d'avoir « ignoré les avertissements de sécurité internes et externes, mis les enfants en grand danger et permis qu'un produit dangereux atteigne des millions de Floridiens ». Cette plainte, présentée comme une première en son genre, fait suite à des incidents violents que les autorités relient à l'utilisation de l'outil.
Par ailleurs, Sam Altman a récemment présenté des excuses à la communauté de Tumbler Ridge, au Canada, après un incident impliquant l'utilisation de ChatGPT.