OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT, a annoncé samedi faire l'objet d'une investigation menée par une coalition de procureurs généraux d'États américains. Selon l'entreprise, des citations à comparaître ont été émises vendredi, exigeant la transmission de documents internes portant sur un large éventail de ses activités, notamment le traitement des données utilisateurs, la protection des mineurs et ses pratiques en matière de publicité.

L'enquête serait coordonnée par les procureurs de New York, du Colorado et d'autres États, ont indiqué deux personnes informées du dossier sous couvert d'anonymat. OpenAI a fait savoir qu'elle prenait « au sérieux les préoccupations soulevées par les procureurs généraux » et qu'elle entendait « coopérer de manière constructive avec leurs bureaux ».

Des garde-fous déjà renforcés

Dans son communiqué, l'entreprise a souligné que la version la plus récente de son modèle, ChatGPT, intègre davantage de mesures de protection, comme des contrôles parentaux destinés à protéger les enfants. « Cela ne change rien à ce que les familles ont vécu, mais nous sommes déterminés à apprendre, à nous améliorer et à faire les choses correctement », a-t-elle ajouté.

Un contexte de défiance croissante

Cette procédure s'inscrit dans un mouvement plus large de défiance à l'égard de l'intelligence artificielle. Le nombre de cas signalés d'enfants s'étant fait du mal après avoir utilisé ces technologies augmente, tout comme les escroqueries générées par IA. S'y ajoutent des craintes liées au remplacement potentiel des travailleurs par des machines et la hausse des coûts énergétiques due aux centres de données qui font fonctionner ces systèmes.

L'administration fédérale se mobilise aussi

Vendredi, l'administration Trump a interdit à la start-up Anthropic l'accès de ses nouveaux systèmes d'IA Mythos et Fable 5 à des ressortissants étrangers, invoquant des préoccupations de sécurité nationale. Le président Trump, qui avait jusqu'alors adopté une approche largement non interventionniste, a également signé ce mois-ci un décret invitant les entreprises technologiques à soumettre volontairement leurs nouveaux modèles à un contrôle gouvernemental avant de les rendre publics.

Les États prennent les devants

Parallèlement, les États fédérés multiplient les initiatives. Des dizaines de projets de loi visant à encadrer l'IA ont été introduits cette année. Plus d'une centaine de lois locales interdisent désormais l'utilisation de chatbots pour les jeunes utilisateurs, imposent des tests de sécurité pour les systèmes et aident à protéger les contenus soumis au droit d'auteur contre l'exploitation par l'IA.

En Californie, le gouverneur Gavin Newsom a émis le mois dernier un décret explorant une refonte des politiques du travail pour anticiper d'éventuelles suppressions massives d'emplois liées à l'IA, chargeant les agences d'État d'étudier des mécanismes de subvention pour les entreprises qui maintiennent leurs effectifs.