Les autorités de Pékin ont publié, jeudi 2 juillet, les conclusions de l'enquête sur l'écrasement d'un petit avion contre la tour CITIC, le plus haut gratte-ciel de la capitale chinoise. Selon le gouvernement du district de Chaoyang, qui administre la zone où se dresse l'immeuble, le pilote, identifié uniquement par son nom de famille Liu, était un habitant de Pékin âgé de 66 ans, divorcé et vivant seul. Il exerçait une activité indépendante et était détenteur d'une licence de pilote sportif depuis 2021, puis d'une licence de pilote privé obtenue en 2024.

L'accident s'est produit en fin d'après-midi un vendredi de la semaine précédente. L'appareil, un Aurora SA60L biplace monomoteur de fabrication chinoise (Sunward Aircraft), avait décollé d'un aéroport du district de Pinggu, à l'est de Pékin. Le pilote avait d'abord effectué un vol accompagné, puis un vol en solo. « Au cours de son vol en solo, il a dévié de la zone désignée et a perdu le contact avec l'aéroport, avant d'entrer en collision avec la tour et de mourir sur le coup », a détaillé le communiqué officiel.

Treize blessés et des mesures de censure

L'impact a fait treize blessés, dont l'un a depuis quitté l'hôpital, selon les autorités. Aucune des victimes n'est dans un état critique. L'onde de choc a été immédiate sur les réseaux sociaux chinois, où des vidéos de la collision ont circulé avant d'être massivement supprimées. Même des photos et des mèmes sans lien direct avec l'événement, mais représentant la tour CITIC – également surnommée China Zun – ont été retirés des plateformes. La tour de 109 étages est située à quelques kilomètres seulement du siège du Parti communiste, Zhongnanhai.

Un acte motivé par des « raisons personnelles »

Dans son rapport, la municipalité de Chaoyang indique que le pilote souffrait « d'insomnie chronique et d'anxiété ». Son journal intime contiendrait « plusieurs expressions de volonté de mettre fin à sa vie ». Les enquêteurs ont conclu que le crash relevait d'un « cas de mise en danger de la sécurité publique pour des raisons personnelles ». Cette formulation est typique des autorités chinoises pour qualifier des actes violents commis par des citoyens en proie à des ressentiments personnels, sans fournir davantage de détails sur les motivations exactes.

Questions sur la sécurité aérienne

L'incident a soulevé des interrogations sur la capacité d'un pilote à pénétrer sans entrave dans l'espace aérien du centre-ville, à moins de huit kilomètres du centre du pouvoir. La Chine contrôle pourtant strictement son espace aérien et interdit le vol de drones, de pigeons voyageurs ou de cerfs-volants lors d'événements importants. Dans les jours suivant le crash, au moins trois compagnies aériennes ont été informées de suspendre leurs opérations d'aviation légère, selon des sources du secteur.