La réaction officielle de la Chine ne s'est pas fait attendre. Quelques heures après que le département de la Défense des États-Unis a actualisé sa liste des entités présumées liées à l'armée chinoise, le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué un diplomate américain pour formuler une protestation ferme.

La Chine hausse le ton face à une nouvelle liste noire

Selon une porte-parole de la diplomatie chinoise, le gouvernement chinois « exhorte les États-Unis à cesser de réprimer les entreprises chinoises ». La requête, transmise à l'ambassade des États-Unis à Pékin par le biais d'une « représentation solennelle », exige que Washington « corrige immédiatement son erreur » en retirant les sociétés concernées de cette classification. Les autorités chinoises jugent cette décision « abusive » et estiment qu'elle « porte gravement atteinte aux droits et intérêts légitimes » des entreprises visées.

Cette mise à jour de la liste noire, officialisée par le Pentagone ce début de semaine, inclut des noms bien connus du paysage économique chinois et mondial : le géant du commerce électronique et du cloud Alibaba, le moteur de recherche et spécialiste de l'intelligence artificielle Baidu, et le constructeur automobile BYD, leader mondial des véhicules électriques. Plusieurs dizaines d'autres entreprises, principalement issues des secteurs de la technologie, de l'aérospatiale et de la défense, figurent également sur cette liste.

Des accusations que Pékin juge sans fondement

La classification de « compagnie militaire chinoise » (Chinese military company, CMC) impose aux entreprises américaines des restrictions strictes dans leurs relations commerciales avec les entités listées. Bien que l'inscription n'entraîne pas une interdiction automatique et complète d'activité, elle peut dissuader des investisseurs et partenaires occidentaux, créant un climat d'incertitude juridique et financière.

Pékin rejette catégoriquement toute accusation de collusion entre ses entreprises civiles et l'Armée populaire de libération. La porte-parole a rappelé que les sociétés chinoises opèrent « dans le strict respect des lois » et qu'elles « n'ont aucun lien avec l'armée, contrairement aux allégations américaines ». Elle a également averti que les États-Unis utilisent « la sécurité nationale comme prétexte pour réprimer les entreprises chinoises et entraver le développement de la Chine ».

Un contexte de tensions commerciales persistantes

Cette escalade verbale s'inscrit dans un contexte de rivalité technologique et commerciale de longue date entre les deux premières puissances économiques mondiales. Les listes noires du Pentagone et du département du Commerce (Entity List) se sont multipliées ces dernières années, ciblant des centaines d'entreprises chinoises. La décision de réintégrer Alibaba, Baidu et BYD — qui avaient brièvement été retirées ou non incluses lors d'une révision récente — signale un durcissement de l'approche américaine à l'égard des secteurs jugés critiques pour la sécurité nationale.

La Chine, de son côté, a déjà mis en place des contre-mesures dans le passé, notamment en restreignant l'exportation de minerais rares ou en ciblant certaines entreprises américaines sur son propre marché. Les observateurs estiment que cette nouvelle friction pourrait compliquer les discussions déjà délicates sur la dette et les chaînes d'approvisionnement.