Le ministère chinois des Affaires étrangères a vivement protesté ce mardi 9 juin 2026, après que le département américain de la Défense a inscrit une dizaine de grandes entreprises chinoises sur une liste noire. Pékin exige que Washington cesse immédiatement ce qu'il qualifie de « répressions » contre ses sociétés et son économie.

Une dizaine d’entreprises visées

Le Pentagone a ajouté à sa liste d’entreprises « soutenant l’armée chinoise » des noms majeurs du secteur technologique et industriel : Alibaba, Baidu et BYD, ainsi que d’autres firmes moins connues du grand public. Cette liste, établie en application de la loi américaine de 1999 sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA), interdit à ces sociétés de décrocher des contrats avec le gouvernement fédéral américain et peut entraîner des restrictions commerciales supplémentaires.

La réaction de Pékin

Pékin a qualifié cette décision de « grave violation des règles du commerce international » et de « discrimination injustifiée ». Lors d’un point de presse régulier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré : « Nous exhortons les États-Unis à cesser immédiatement leurs répressions injustes contre les entreprises chinoises et à revenir sur cette décision erronée ». Il a également prévenu que la Chine prendrait les « mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises ».

Un contexte de tensions bilatérales

Cette nouvelle inscription intervient dans un climat de défiance croissante entre Pékin et Washington. Les deux puissances sont engagées dans une guerre technologique et commerciale depuis plusieurs années, chaque camp accusant l’autre de pratiques déloyales. Les États-Unis affirment que certaines sociétés chinoises agissent comme des vecteurs d’influence du Parti communiste chinois et de l’Armée populaire de libération, ce que Pékin dément catégoriquement.

Des précédents notables

Ce n’est pas la première fois que le Pentagone cible des entreprises chinoises. Huawei, ZTE et plusieurs autres sociétés avaient déjà été inscrites sur cette même liste au cours des années précédentes, provoquant à chaque fois des protestations officielles de la part de Pékin. Les nouvelles inscriptions d’Alibaba, Baidu et BYD marquent une escalade, car ces entreprises sont des acteurs mondiaux majeurs dans le commerce en ligne, la technologie et l’automobile électrique.

Les répercussions économiques potentielles

L’inclusion sur cette liste noire pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour les entreprises concernées. Alibaba et Baidu, cotées à Wall Street, ont vu leurs actions baisser dès l’annonce. BYD, premier constructeur mondial de véhicules électriques, pourrait voir ses perspectives de développement aux États-Unis compromises. Les analystes estiment que cette décision renforce l’incertitude pour les investisseurs et pourrait accélérer le recentrage des entreprises chinoises vers les marchés d’Asie et d’Europe.

Des voix discordantes aux États-Unis

Certaines chambres de commerce américaines ont exprimé leur inquiétude, jugeant que cette mesure risque de nuire aux intérêts des entreprises américaines présentes en Chine. Une source proche du dossier a indiqué que plusieurs entreprises américaines avaient déjà fait part de leurs préoccupations au gouvernement. Washington, de son côté, justifie sa décision par la nécessité de protéger sa sécurité nationale face à des technologies sensibles qui pourraient être utilisées à des fins militaires par la Chine.

Les prochaines étapes

Pékin dispose de plusieurs options de réponse, allant de la diplomatie à des représailles économiques ciblées contre des entreprises américaines. Le gouvernement chinois a déjà fait savoir qu’il n’hésiterait pas à riposter. La porte reste toutefois ouverte à un dialogue, les deux parties ayant intérêt à éviter une escalade qui nuirait à l’économie mondiale. Les regards sont désormais tournés vers la prochaine réunion des ministres du Commerce, prévue dans les semaines à venir, où ce dossier pourrait être abordé.