Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a officialisé l'interdiction de séjour en France visant le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich. Dans un message publié sur le réseau social X, M. Barrot a justifié cette mesure par le fait que l'élu israélien « promeut activement l'annexion de la Cisjordanie » et « revendique ouvertement » ce qu'il qualifie de « recolonisation de Gaza ». Selon le chef de la diplomatie française, cette politique est incompatible avec la position de la grande majorité de la communauté internationale, qui reste attachée à la solution à deux États.

Au-delà de la personne de M. Smotrich, les autorités françaises ont également prononcé l'interdiction de territoire à l'encontre de « quatre responsables d'organisations de colons et vingt-et-un colons violents », comme l'a précisé Jean-Noël Barrot dans sa publication. Cette annonce intervient alors que le gouvernement britannique a parallèlement appelé les entreprises basées au Royaume-Uni à cesser toute activité commerciale dans les colonies israéliennes.

Cette décision s'inscrit dans une série de mesures coercitives prises par Paris à l'encontre de responsables israéliens. Fin mai, le Quai d'Orsay avait déjà déclaré le ministre israélien de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, persona non grata sur le territoire français, à la suite des circonstances de l'arrestation de citoyens français qui se trouvaient à bord de la Flottille pour Gaza. Deux membres du gouvernement israélien sont désormais frappés d'une interdiction de séjour en France.

Réaction israélienne

Israël a immédiatement riposté en dénonçant des « mesures honteuses » prises par plusieurs États à l'encontre d'organisations liées aux colons. Sans citer spécifiquement la France, les autorités israéliennes ont exprimé leur rejet de ces sanctions, qu'elles considèrent comme injustifiées.

Contexte de la politique de colonisation

Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite israélienne, occupe le poste de ministre des Finances et s'est fait connaître pour ses positions radicales en faveur de l'expansion des colonies en Cisjordanie. Il avait notamment présenté en août 2025, près de la colonie de Maale Adumim, les plans du projet de colonie E1, qui vise à relier Jérusalem à la vallée du Jourdain en coupant la Cisjordanie en deux. Cette initiative a été largement condamnée par la communauté internationale, qui considère les colonies israéliennes comme illégales au regard du droit international.

La France, tout comme la majorité des pays membres des Nations unies, considère que la poursuite de la colonisation compromet les perspectives de paix et la viabilité d'un État palestinien indépendant. L'interdiction de territoire prononcée à l'encontre de M. Smotrich s'ajoute à un ensemble de sanctions diplomatiques visant à signifier le désaccord de Paris avec la politique menée par certains membres du gouvernement israélien.