Le rassemblement « contre les exécutions politiques en Iran », prévu ce samedi 20 juin à Paris, ne pourra pas avoir lieu. Par un arrêté publié jeudi soir, la préfecture de police de Paris a interdit la manifestation, invoquant un « contexte national et international particulièrement tendu ». L’administration redoute des « affrontements entre des militants aux opinions antagonistes » de nature à « troubler gravement l’ordre public », selon le texte de l’arrêté.
Le cortège devait s’élancer à 14 heures depuis l’Hôtel des Invalides, dans le VIIe arrondissement, et passer à proximité de plusieurs bâtiments publics et représentations diplomatiques. Les organisateurs, réunis au sein du collectif Voix d’Iran – qui fédère des associations de la diaspora iranienne et des ONG françaises et internationales – comptaient mobiliser 100 000 personnes venues de toute l’Europe pour réclamer la fin des exécutions et la libération des prisonniers politiques.
Les organisateurs dénoncent une décision « arbitraire »
La décision préfectorale a suscité une vive réaction des organisateurs. « Cette motivation extraordinairement tardive est la traduction de l’absence de tout bien-fondé de cette mesure d’interdiction et de son caractère arbitraire », a déclaré Me Vincent Brengarth, avocat de l’association Nouveaux droits de l’Homme, coorganisatrice du rassemblement. Avec Me William Bourdon, il a déposé une requête en urgence auprès du tribunal administratif de Paris afin d’obtenir l’annulation de la décision, en raison d’une « atteinte manifestement illégale portée à la liberté de manifester ».
Les organisateurs estiment que cette interdiction a été prononcée « quelques heures après un entretien téléphonique » entre les ministres des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, et iranien, Abbas Araghchi. Le Quai d’Orsay a toutefois démenti tout lien, affirmant que Jean-Noël Barrot « n’a pas évoqué cette manifestation ou demandé son annulation ».
Un contexte diplomatique tendu
Cette interdiction survient dans un climat de tensions accrues entre Paris et Téhéran. Depuis plusieurs mois, les exécutions d’opposants politiques se multiplient en Iran, suscitant l’indignation de la communauté internationale. En France, plusieurs manifestations de soutien à l’opposition iranienne ont déjà eu lieu par le passé, comme celle du 7 mars 2026, qui avait réuni des milliers de personnes à Paris.
Les militants de la diaspora iranienne dénoncent une atteinte à leur liberté d’expression et un signe de complaisance envers le régime iranien. Ils appellent à une mobilisation malgré l’interdiction, tout en respectant les recours juridiques en cours.