Alors que le secteur de l’intelligence artificielle est souvent présenté comme l’apanage des États-Unis et de la Chine, la France s’impose comme un acteur incontournable en Europe. Une analyse réalisée par LinkedIn, publiée à l’occasion du salon VivaTech 2026, révèle que Paris se hisse au premier rang des villes européennes pour l’emploi dans l’IA. Sur la période 2023-2025, quelque 256 000 postes liés à l’intelligence artificielle ont été créés au sein de l’Union européenne. La capitale française en a concentré à elle seule 20 000, soit 8 % du total — un chiffre qui contraste nettement avec les 4 000 à 6 000 emplois enregistrés dans des métropoles comme Dublin, Madrid, Milan ou Munich.
Un écosystème dynamique au-delà de Paris La France ne doit pas seulement sa performance à la région parisienne. L’étude souligne que d’autres villes du territoire bénéficient également de l’essor de l’IA. Grenoble, grâce à son pôle de microélectronique et de semiconducteurs, et Toulouse, où Airbus dispose d’un important centre de recherche, affichent des taux de concentration de spécialistes en IA par rapport à la population active encore plus élevés que celui de Paris. Ainsi, la proportion atteint 1,6 % à Grenoble et 1,5 % à Toulouse, contre 1,4 % dans la capitale. Cette répartition témoigne d’une diffusion des compétences au-delà du seul bassin francilien.
Les secteurs de la défense et de l’aérospatiale en tête Les domaines qui recrutent le plus de talents en intelligence artificielle sont, selon l’étude, ceux de la défense et de l’aérospatiale. Par ailleurs, les petites et moyennes entreprises (PME) se montrent plus demandeuses que les grands groupes : 1,7 % des offres d’emploi des premières exigent des compétences en ingénierie IA, contre 1,3 % pour les secondes. Cette tendance confirme que l’IA irrigue désormais l’ensemble du tissu économique, et pas seulement les start-up technologiques.
Un contexte porteur pour la France Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique. La présence de la start-up française Mistral AI, qui a récemment obtenu un financement conséquent pour construire son propre datacenter, et l’installation à Paris de la nouvelle entreprise du chercheur Yann LeCun, AMI Labs, contribuent à renforcer l’attractivité de la capitale. Ces implantations attirent des investissements et des talents, consolidant la position de la France comme locomotive européenne de l’IA.