Une nouvelle étape s’ouvre dans la contestation autour des logements devenus invivables l’été. Ce lundi 5 juillet, plusieurs organisations de défense des locataires et des syndicats ont appelé à manifester pour protester contre le projet de loi porté par Vincent Jeanbrun, dont l’examen est prévu les 7 et 8 juillet à l’Assemblée nationale. Les critiques visent un texte perçu comme une réponse insuffisante aux problèmes de surchauffe dans les habitations, communément surnommées « bouilloires thermiques ».
Le projet de loi prévoirait notamment de faciliter la remise sur le marché de logements très mal isolés et d’autoriser le report sur les locataires d’une partie des coûts de mise aux normes. Ces dispositions suscitent l’indignation des associations de défense du droit au logement, qui y voient un recul des protections accordées aux occupants. Selon les manifestants, le texte encouragerait la location de passoires thermiques sans garantir l’installation d’équipements de base comme des volets ou des protections solaires.
Une pétition qui a fait florès
Ce mouvement de rue fait suite à une pétition lancée fin juin sous le slogan « Pas de volet, pas de loyer ». Celle-ci demandait la suspension du paiement des loyers pendant les périodes de canicule pour les logements dépourvus de protections contre la chaleur. Lancée il y a quelques jours, elle avait déjà recueilli des dizaines de milliers de signatures en ligne, ravivant le débat sur les responsabilités des propriétaires et l’adaptation du parc immobilier au réchauffement climatique.
Les organisateurs de la mobilisation de ce lundi entendent faire le lien entre la pétition et le calendrier parlementaire. Ils estiment que le projet de loi Jeanbrun, loin de répondre à l’urgence des étés caniculaires, aggraverait la situation en pérennisant des logements insalubres. Plusieurs élus locaux ont également exprimé des réserves, pointant le manque de mesures contraignantes pour obliger les bailleurs à équiper les fenêtres de volets ou de stores.
Le gouvernement en position délicate
Les 7 et 8 juillet, les députés examineront donc un texte qui cristallise les tensions entre le droit à un logement décent et les intérêts des propriétaires. La ministre du Logement, citée dans les échanges préparatoires, a défendu la nécessité d’augmenter l’offre locative, tout en reconnaissant que des « améliorations » pourraient être apportées au texte. Mais pour les opposants, ces ajustements ne seraient pas à la hauteur des enjeux.
En attendant, les températures record de ces dernières semaines ont donné une actualité brûlante au slogan « Pas de volet, pas de loyer ». Les associations promettent de maintenir la pression jusqu’au vote. La question de savoir si la loi pourra être amendée en faveur des locataires reste ouverte, alors que les témoignages d’habitants étouffant dans des appartements sans protection solaire se multiplient.
Un débat qui dépasse les clivages
Sur le fond, le clivage ne se limite pas à une opposition droite-gauche. Certains députés de la majorité se sont dits ouverts à une obligation d’équipement des logements en volets roulants ou en brise-soleil, à condition d’accompagner financièrement les propriétaires. À l’inverse, des élus d’opposition réclament une interdiction pure et simple de louer tout logement dont la température intérieure dépasse un seuil défini par décret. Le projet de loi initial ne prévoit pas de telle mesure.
Cette journée de manifestation marque donc le début d’une semaine décisive pour le logement social et privé en France. Alors que les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et plus intenses, la question de l’habitabilité des logements l’été s’impose comme un enjeu politique majeur.