Le tribunal correctionnel de Nanterre a prononcé, jeudi 28 mai, une nouvelle condamnation à l'encontre de Patrick Balkany, 77 ans. L'ancien maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) a été reconnu coupable de détournements de fonds publics dans deux dossiers distincts. Il a été condamné à 15 mois d'emprisonnement ferme pour l'un et à trois ans ferme pour l'autre. Le tribunal n'a pas délivré de mandat de dépôt, une décision motivée, selon la présidente Céline Ballerini, par l'âge du prévenu.

Patrick Balkany, qui n'a pas assisté au délibéré en raison d'une hospitalisation, a également été condamné à deux amendes, l'une de 350 000 euros et l'autre de 500 000 euros, soit un total de 850 000 euros. Il écope en outre de dix ans d'inéligibilité et d'une interdiction d'exercer toute activité dans la fonction publique pendant cinq ans. Son avocat, Me Robin Binsard, a indiqué que son client entendait faire appel de ces décisions.

Le premier dossier concerne l'utilisation frauduleuse des fonds d'une association subventionnée par la ville, la Codeeil. Entre 2012 et 2018, cet argent a servi à assurer un complément de revenus à Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de la commune, décédé en 2020. Ce dernier aurait perçu environ 300 000 euros sur la période.

Des policiers municipaux détournés de leurs fonctions

La seconde affaire, jugée sur trois jours, portait sur l'affectation de policiers municipaux à des tâches personnelles. Entre 2010 et 2015, Patrick Balkany aurait détourné plusieurs agents de leurs missions de service public pour les employer comme chauffeurs privés, « hommes à tout faire » ou « quasiment des domestiques », selon les termes employés par le parquet. Le procureur avait décrit l'élu comme un « démiurge omnipotent » agissant « par le fait du prince ».

Dans ses motivations, la présidente Céline Ballerini a estimé que « les faits n'étaient pas dérisoires », contrairement à ce qu'avait tenté de soutenir la défense. Elle a déploré la « légèreté avec laquelle les élus de la République peuvent s'affranchir des règles et des lois » qu'ils sont censés faire respecter. La magistrate a également relevé que Patrick Balkany avait conservé « un discours inchangé au fil des audiences », affirmant notamment « n'avoir rien à se reprocher » dans l'affaire des chauffeurs.

De son côté, la défense avait plaidé la relaxe, dénonçant « une purge » et critiquant les lacunes de l'instruction.

Un parcours judiciaire déjà lourd

Cette condamnation s'ajoute à un long passé judiciaire pour Patrick Balkany, qui a déjà été reconnu coupable de fraude fiscale et de blanchiment aggravé. En 2023, lui et son épouse Isabelle Balkany avaient été condamnés pour avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. En avril dernier, la cour d'appel de Rouen avait confirmé sa libération conditionnelle pour les quinze mois de prison qu'il lui reste à purger dans ce dossier. Il a déjà effectué plusieurs périodes de détention : cinq mois en 2019-2020, puis six mois en 2022.

Le tribunal a souligné que, malgré ces condamnations antérieures, l'ancien édile n'avait pas modifié son attitude.