Les bureaux taïwanais de Supermicro, fabricant de serveurs de stockage et de calcul, ont fait l'objet d'une perquisition dans le cadre d'une enquête élargie portant sur la contrebande présumée de semi-conducteurs destinés à l'intelligence artificielle. Cette opération, menée par les autorités locales, constitue une étape supplémentaire dans le premier coup de filet public mené par Taïwan contre le détournement de puces vers la Chine, après plusieurs années de pressions exercées par Washington.

Selon des informations concordantes, plusieurs sites de la société américaine ainsi que des entités locales affiliées ont été visités par les enquêteurs. Cette descente intervient alors que les tensions commerciales et technologiques entre les États-Unis et la Chine s'intensifient, Taïwan se trouvant au cœur des enjeux de production et de contrôle des semi-conducteurs avancés.

Les puces d'intelligence artificielle font l'objet de restrictions strictes à l'exportation imposées par Washington, qui craint que ces technologies de pointe ne renforcent les capacités militaires chinoises. Taïwan, qui abrite le plus grand fabricant de semi-conducteurs au monde, TSMC, est régulièrement sollicité pour renforcer la surveillance des flux de composants sensibles.

L'enquête en cours vise à déterminer si des circuits intégrés interdits ont été acheminés illégalement vers la Chine via des réseaux complexes impliquant des sociétés écrans ou des intermédiaires. Les perquisitions chez Supermicro, entreprise californienne qui conçoit et assemble des serveurs haute performance, représentent un élargissement significatif des investigations.

Cette action des autorités taïwanaises s'inscrit dans un contexte de durcissement des contrôles à l'exportation et de pression diplomatique accrue de la part des États-Unis. Depuis plusieurs années, Washington exhorte Taipei à mieux contrôler les exportations de technologies duales et à réprimer les réseaux de contrebande qui contournent les restrictions.

L'ampleur exacte de l'opération et les éléments saisis n'ont pas été communiqués dans le détail. Supermicro n'a pas immédiatement réagi aux sollicitations des médias. La société, fondée en 1993 et basée à San José, est un acteur majeur dans le domaine des serveurs et des solutions de stockage pour centres de données.

Cette affaire illustre les difficultés croissantes pour les entreprises technologiques opérant entre les deux rives du détroit de Taïwan, alors que les réglementations américaines se multiplient et que les risques juridiques augmentent pour les sociétés soupçonnées de participer, même indirectement, à des transferts illicites de technologies.

Les experts estiment que ce raid pourrait être suivi d'autres actions similaires, les autorités taïwanaises cherchant à démontrer leur détermination à lutter contre la contrebande de semi-conducteurs, un enjeu devenu central dans la compétition technologique sino-américaine.