Une contamination quasi systématique

Les eaux de baignade françaises, qu'elles soient marines ou douces, sont toutes touchées par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). C'est le constat d'une campagne de prélèvements menée entre juin et juillet 2025 par quatre-vingts bénévoles de l'association Surfrider Foundation Europe, en partenariat avec le laboratoire Eurofins. Les résultats, rendus publics le 3 juillet 2026, portent sur 107 sites répartis sur le territoire métropolitain – 80 plages littorales et 27 lacs et rivières.

Chaque échantillon analysé s'est révélé positif à au moins un PFAS. Vingt-trois molécules différentes ont été identifiées au total. Sur le seul lac de Bordeaux (Gironde), dix-neuf d'entre elles ont été retrouvées.

Le TFA, molécule quasi omniprésente

Parmi les substances détectées, l'acide trifluoroacétique (TFA) se distingue par sa présence dans la totalité des prélèvements. Cette molécule, que l'Agence européenne des produits chimiques classe comme « toxique pour la reproduction suspecté », atteint une concentration moyenne de 1 728 nanogrammes par litre (ng/l) dans les eaux douces et de 356,5 ng/l en milieu marin. Le TFA provient principalement de la dégradation des gaz réfrigérants fluorés et de certains pesticides.

Viennent ensuite le PFOA, retrouvé dans 92,6 % des échantillons d'eau douce et 71 % des échantillons côtiers, et le PFOS, présent dans 92,6 % des sites en eau douce et 61,7 % des sites marins. Le Centre international de recherche sur le cancer classe le PFOA comme « cancérogène pour les humains » et le PFOS comme « cancérogène possible ».

Un site dépasse le seuil néerlandais

À l'heure actuelle, la directive européenne sur la qualité des eaux de baignade n'intègre aucun PFAS dans ses critères, se concentrant sur les bactéries Escherichia coli et les entérocoques intestinaux. Seuls les Pays-Bas ont établi un seuil sanitaire pour les PFAS, fixé à 280 ng/l. Un site français franchit cette limite : la base nautique et de loisirs de Bédanne, située au sud de Rouen, où un échantillon a mesuré 450 ng/l.

Face à ces résultats, Surfrider Foundation Europe exhorte les pouvoirs publics à « passer à l'action ». L'ONG demande une réforme de la réglementation des eaux de baignade afin d'y inclure la surveillance des substances chimiques toxiques. « Même la mer n'est pas un sanctuaire », résume l'association, soulignant que la pollution aux PFAS touche l'ensemble des milieux aquatiques, y compris les zones littorales souvent perçues comme préservées.