Une coalition de médecins, de responsables syndicaux et d'élus locaux a adressé une lettre ouverte au Premier ministre britannique, lui demandant de dénoncer un accord pharmaceutique bilatéral avec les États-Unis. Selon les signataires, cet accord, en l'état, serait susceptible d'entraîner une hausse massive de la mortalité en Angleterre, avec 229 000 décès supplémentaires estimés sur la durée de son application.

Des estimations alarmantes

L'étude, citée par les auteurs de la lettre, avance que le coût humain de l'accord serait de 229 000 vies perdues. Les critiques estiment que le traité ouvrirait la voie à une augmentation des prix des médicaments pour le système de santé britannique (NHS), limitant l'accès aux traitements pour les patients les plus vulnérables. Le texte de la lettre souligne que les économies réalisées par le Royaume-Uni dans le cadre de négociations antérieures avec les laboratoires pharmaceutiques pourraient être compromises.

Des appels à la rupture

Parmi les signataires figurent des représentants de syndicats de médecins, des associations de défense des patients et des personnalités politiques de l'opposition. Ils exhortent le gouvernement à « abandonner cet accord dangereux », estimant qu'il fait primer les intérêts commerciaux des grandes firmes américaines sur la santé publique britannique.

La lettre intervient alors que le Parlement britannique s'apprête à examiner les modalités de mise en œuvre de ce partenariat. Le ministre de la Santé n'a pas encore commenté ces critiques, mais des sources proches du dossier indiquent que des discussions techniques se poursuivent entre Londres et Washington sur les clauses de fixation des prix.

Contexte et implications

Cet accord pharmaceutique a été négocié dans le cadre des discussions commerciales post-Brexit entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Londres y voit un moyen de stimuler l'innovation et de garantir un approvisionnement stable en médicaments, tandis que les détracteurs y voient une menace directe pour le modèle de santé publique britannique, fondé sur un accès universel et des tarifs négociés.

Les syndicats de médecins, notamment le Syndicat des médecins britanniques, ont déjà exprimé leurs réserves, appelant à une évaluation indépendante des conséquences sanitaires avant toute ratification. La publication de la lettre ouverte relance le débat politique à quelques semaines du vote parlementaire sur les ajustements réglementaires nécessaires à l'entrée en vigueur du traité.