Le leader de la droite populiste britannique Nigel Farage a annoncé sa démission du Parlement, une décision qui ouvre la voie à une élection partielle dans la circonscription de Clacton, à l'est de Londres. Cette annonce survient alors que le député est sous le coup de plusieurs enquêtes parlementaires pour des dons non déclarés.

Dans une déclaration diffusée par les canaux de son parti, Nigel Farage a estimé que « l'establishment ne peut pas nous battre à la régulière » et a assuré n'avoir « jamais été plus en colère ». Il a présenté cette élection partielle comme un référendum sur sa personne, affirmant que « ce sera nous contre l'establishment » et que « si je gagne, c'est vous qui gagnez ». Il a également justifié sa démission en invoquant des menaces pesant sur sa sécurité et celle de sa famille, déclarant qu'« il y a des appels à mon assassinat tous les jours en ligne ».

Des financements de milliardaires des cryptomonnaies

Les affaires qui fragilisent Nigel Farage concernent des sommes versées par des personnalités fortunées du secteur des cryptomonnaies, non déclarées aux autorités compétentes. Selon des révélations récentes, il aurait bénéficié avant son élection de services de sécurité, d'un hébergement et d'une prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux, financés par George Cottrell, un entrepreneur dans les cryptomonnaies ayant été incarcéré aux États-Unis pour fraude informatique. Ces prestations, intervenues moins de douze mois avant son entrée en fonction, n'ont pas été déclarées, ce qui a déclenché une enquête parlementaire.

Par ailleurs, un don de 5 millions de livres sterling attribué à Christopher Harborne, un ressortissant britannique basé en Thaïlande et actionnaire de Tether, fait également l'objet d'une investigation. Nigel Farage soutient qu'il s'agit d'un don personnel sans contrepartie. D'autres figures du monde des cryptomonnaies, comme Ben Delo, fondateur de la plateforme BitMEX, ont également versé des sommes importantes à Reform UK, celles-ci ayant toutefois été déclarées.

Un contexte politique tendu

Cette démission intervient alors que la scène politique britannique connaît des bouleversements, avec l'arrivée prochaine d'Andy Burnham au 10 Downing Street après le départ forcé de Keir Starmer. Nigel Farage, artisan du Brexit et figure montante des sondages, voit son avenir politique suspendu au résultat du scrutin à venir. Il a réfuté toute infraction aux règles et dénonce une manœuvre de l'establishment pour l'écarter. Les électeurs de Clacton sont appelés aux urnes dans les semaines à venir pour départager le député sortant et ses adversaires.

Enquêtes en cours

Les enquêtes parlementaires en cours pourraient déboucher sur des sanctions si les manquements aux règles de déclaration des dons sont confirmés. Nigel Farage affirme que les sommes reçues l'ont été à titre personnel et sans aucune contrepartie politique. Il a également souligné qu'il avait besoin de ces fonds pour assurer sa sécurité face aux menaces. La transparence du financement politique au Royaume-Uni est au cœur de ces affaires qui embarrassent le leader populiste.