Un médecin des États-Unis, infecté par le virus Ebola alors qu'il exerçait en République démocratique du Congo (RDC), a été déclaré guéri et a pu sortir de l'établissement hospitalier Charité de Berlin, a-t-on appris samedi. Identifié comme étant le docteur Peter Stafford, âgé de 39 ans, il était pris en charge depuis le 20 mai après qu'un test biologique a confirmé la présence de la souche Bundibugyo, la variante à l'origine de l'épidémie actuelle qui sévit en Afrique centrale et orientale.
Le praticien, qui travaillait comme chirurgien pour une organisation missionnaire chrétienne en RDC, aurait contracté le virus en opérant un patient atteint d'Ebola dans l'est du pays, avant que l'épidémie ne soit officiellement déclarée le 15 mai. Il avait été transporté d'Ouganda à Berlin à bord d'un avion spécial, placé en isolement strict à l'hôpital. Son épouse et leurs quatre enfants, considérés comme des contacts à haut risque bien qu'asymptomatiques, ont également été placés en quarantaine dans une partie distincte du service. Leurs restrictions d'isolement ont également été levées samedi.
Selon les autorités médicales, Peter Stafford a reçu des « thérapies expérimentales actuellement testées pour ce type de virus », comme l'indique un communiqué hospitalier. Le docteur Leif Erik Sander, directeur du service des maladies infectieuses et de médecine intensive de l'hôpital Charité, a qualifié cette guérison de « succès thérapeutique significatif ».
Aucun vaccin approuvé pour la souche Bundibugyo
Contrairement à d'autres souches du virus Ebola, il n'existe à ce jour aucun vaccin autorisé contre la variante Bundibugyo. Trois candidats vaccins sont en cours de recherche et devraient faire l'objet d'essais accélérés, mais aucun n'est encore disponible pour une utilisation de routine.
Hausse des cas en RDC et en Ouganda
Alors que les premières guérisons – notamment celle de quatre infirmières soignées à Bunia, dans le nord-est de la RDC – avaient été annoncées le 2 juin par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la situation épidémiologique s'aggrave. La RDC a annoncé samedi que le nombre total de cas d'Ebola s'élevait désormais à 488, contre 452 quelques jours plus tôt. Le bilan des décès dans le pays s'établit à 86.
De l'autre côté de la frontière, l'Ouganda a confirmé 19 cas et deux décès. Pour limiter la propagation transfrontalière, Kampala a largement fermé sa frontière occidentale avec la RDC, une mesure qui complique les échanges commerciaux et pénalise les commerçants habitués à franchir ces postes.
Urgence de santé publique internationale
L'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale pour cette épidémie. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis ont prévenu que cette flambée pourrait devenir la plus importante jamais enregistrée, rivalisant avec l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest. L'organisation a également présenté un plan de 518 millions de dollars pour faire face à la crise.
Dans une déclaration, Peter Stafford a exprimé sa gratitude envers l'équipe médicale qui l'a soigné, mais a souligné que « nos pensées restent avec les personnes au Congo qui n'ont pas accès à de tels soins ». La réponse internationale s'intensifie tandis que les autorités congolaises s'efforcent de contenir la propagation du virus.