Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont enregistré les premières guérisons depuis le début de la nouvelle épidémie d'Ebola, détectée à la mi-mai. Un laborantin avait déjà quitté l'hôpital la semaine précédente, et cinq patients supplémentaires, déclarés guéris, ont obtenu leur sortie ce week-end. Parmi eux figurent quatre infirmiers, soignés à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie.
Une cérémonie a eu lieu dimanche dans un hôpital de Bunia pour célébrer le rétablissement de ces quatre membres du personnel soignant – trois hommes et une femme. Les infirmiers Makati Tagirabo et Baraka Bulambula faisaient partie du groupe. Ils ont reçu des certificats de sortie en présence du directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, en visite dans la région. « Vous êtes des preuves vivantes que cette épidémie peut être stoppée », a-t-il déclaré devant les soignants. Tedros a également salué leur courage : « Il me peine de voir des agents de santé mourir à cause d'Ebola alors qu'ils soignent les autres. Votre engagement et votre retour au service signifient beaucoup. »
L'un des infirmiers guéris, Etienne Ezo, a raconté son calvaire dans un témoignage poignant : « Nous étions vraiment démoralisés car nous pensions qu'à un moment donné, nous allions mourir. C'était ça. Je vous le dis : si vous n'avez jamais été isolé, vous ne saurez jamais que ce n'est pas facile. »
L'épidémie actuelle, la dix-septième dans l'histoire du pays, est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin n'est encore homologué, bien que des recherches soient en cours. Selon les bilans officiels, près de 250 personnes auraient succombé à la maladie sur plus d'un millier de cas suspects recensés. En Ouganda voisin, neuf cas confirmés et un décès ont été rapportés. Par ailleurs, les autorités brésiliennes ont annoncé enquêter sur deux cas suspects dans l'État de São Paulo.
La réponse sanitaire se heurte à plusieurs obstacles : détection précoce des cas, isolement, traçage des contacts, enterrements sécurisés et contrôle des infections dans les établissements de santé. Les règles strictes imposées pour les funérailles – les corps des personnes décédées du virus ne peuvent être manipulés par les proches – ont suscité des tensions, certains habitants ayant attaqué des centres de santé. Dans une déclaration conjointe avec le gouvernement congolais, l'OMS a souligné que « les communautés locales sont au cœur de la solution » et que la confiance et l'engagement de la population sont déterminants pour endiguer la propagation.
L'Institut de santé publique de la RDC a qualifié ces premières guérisons de « victoire méritant d'être célébrée ». Son directeur, le docteur Mwamba Kazadi, a insisté sur l'importance de la détection précoce et de soins adaptés. Les autorités et l'OMS appellent les communautés à adopter des comportements de protection : hygiène régulière des mains, consultation rapide en cas de symptômes et partage d'informations fiables. Les soignants, en première ligne, restent particulièrement exposés : plusieurs sont déjà morts du virus en exerçant leur métier.