Une jeune chargée d’études techniques de 27 ans, embauchée fin 2023 par RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité français, est menacée de licenciement pour avoir porté un foulard. La procédure disciplinaire a conduit à un premier entretien, et un second doit avoir lieu ce mercredi 10 juin. La salariée, que nous appellerons Inès, témoigne d'une procédure qu'elle qualifie d'« extrêmement violente » et exprime son sentiment « de ne pas avoir le droit d’exister ». Elle se dit par ailleurs « heureuse » dans son travail, qu'elle a rejoint après des études en génie électrique, quittant le Nord pour la Défense.

Un rassemblement de soutien prévu

Un rassemblement est organisé ce mercredi 10 juin pour soutenir la salariée, alors que se tient son deuxième entretien disciplinaire. La CGT a dénoncé des pratiques discriminatoires et indique que la jeune femme est « très appréciée en interne ». Le syndicat dénonce une situation inacceptable dans une entreprise de service public. La direction de RTE n’a pas encore commenté la procédure.

Le contexte juridique

Le port de signes religieux dans les entreprises privées est encadré par la loi. La question de la neutralité religieuse dans les entreprises de service public, notamment dans les activités de transport d’électricité, est régulièrement débattue. La CGT estime que cette procédure relève d’une discrimination, alors que RTE est un établissement public.

Des réactions politiques

Plusieurs personnalités politiques ont réagi, dénonçant une atteinte aux libertés. Le député de La France insoumise Jérôme Legavre interpelle le gouvernement. Certains élus appellent la direction de RTE à revenir sur sa décision, tandis que d’autres soulignent la nécessité de respecter la laïcité dans les services publics.

La situation d’Inès

Inès, qui a toujours porté le foulard, explique qu’elle n’a jamais caché sa pratique religieuse. Elle indique que sa hiérarchie lui a demandé de retirer son foulard, ce qu’elle a refusé. La procédure disciplinaire a été engagée après ce refus. Elle craint désormais de perdre son emploi, ce qui aurait des conséquences financières et personnelles importantes.

Les syndicats mobilisés

Outre la CGT, d’autres syndicats, comme la CFDT, se disent préoccupés par cette affaire. Ils rappellent que la loi interdit toute discrimination fondée sur la religion. Ils demandent à RTE de clarifier sa politique en matière de signes religieux, estimant que la procédure actuelle est disproportionnée.

Le débat sur la laïcité

Cette affaire relance le débat sur la laïcité dans les entreprises publiques. Si la loi de 1905 garantit la liberté de conscience, les entreprises de service public sont tenues à une obligation de neutralité. La question du port du foulard dans les activités de transport d’électricité, qui ne sont pas directement en contact avec le public, est au cœur des discussions.

Les suites possibles

Si la procédure de licenciement aboutit, Inès pourrait saisir le conseil des prud’hommes. La CGT envisage de déposer une plainte pour discrimination. L’affaire pourrait également avoir un retentissement médiatique important, à l’image des précédentes affaires de discrimination religieuse dans le secteur public.