Les présidents américain et russe se sont entretenus par téléphone au cours du week-end, une conversation qui a porté principalement sur le conflit en Ukraine et la situation en Iran. L'appel intervient alors que les dirigeants des pays membres de l'OTAN s'apprêtent à se réunir à Ankara pour un sommet de deux jours, prévu mardi et mercredi.

Préparation du sommet d'Ankara

La Turquie accueillera les représentants des 32 nations alliées ainsi que ceux des partenaires de l'Alliance atlantique. Les autorités turques ont considérablement renforcé les mesures de sécurité dans la capitale : manifestations interdites, barricades érigées dans plusieurs quartiers et fermeture de nombreuses voies de circulation. Dimanche, plus d'une centaine de personnes ont été interpellées lors d'un rassemblement antimondialisation organisé par le Parti communiste de Turquie (TKP), qui dénonçait la tenue du sommet.

Les rencontres bilatérales de Donald Trump

La Maison-Blanche a confirmé que le président américain rencontrera son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky ainsi que le président syrien Ahmed al-Charaa en marge du sommet. Ces entretiens bilatéraux se tiendront sur fond d'impasse dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes des territoires de la région de Donetsk, une condition que Kiev rejette.

Situation sur le front

Sur le terrain, les combats restent intenses. Volodymyr Zelensky a affirmé que les forces ukrainiennes et russes continuent de s'affronter pour le contrôle de la localité stratégique de Kostiantynivka, dans l'est du pays. Le Kremlin avait annoncé plus tôt cette semaine s'en être emparé, mais le président ukrainien a démenti, qualifiant cette affirmation de « mensonge ». « Les combats se poursuivent pour Kostiantynivka, que Poutine a déjà revendiquée comme sienne, mais il est évident qu'il n'osera jamais s'y rendre », a déclaré le chef de l'État ukrainien. Cette ville comptait environ 78 000 habitants avant l'invasion russe de 2022.

Dans la nuit de dimanche à lundi, plus d'une dizaine d'explosions ont retenti à Kiev lors d'une alerte balistique. Le chef de l'administration militaire de la capitale, Tymour Tkatchenko, a indiqué sur Telegram que « l'ennemi frappe avec des missiles balistiques ». Le maire Vitali Klitschko a confirmé que la défense antiaérienne était en action. Par ailleurs, une attaque ukrainienne a privé d'électricité la ville de Sébastopol, en Crimée annexée par la Russie.

Appel téléphonique et divergences

L'appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui s'est déroulé avant le sommet, a donné lieu à des échanges sur l'Ukraine et l'Iran, sans que les deux camps ne fassent état d'une avancée concrète. Les sources disponibles ne précisent pas si un accord ou une feuille de route a pu être esquissé. La conversation s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre Moscou et les Occidentaux, alors que le président ukrainien a prévenu que les services de renseignement de son pays détectent les préparatifs d'une « nouvelle frappe massive » russe.