Un bilan toujours lourd

Le Fonds de garantie des victimes (FGV) a rendu publics lundi 29 juin les chiffres des accidents de la route causés par des conducteurs dépourvus d’assurance pour l’année 2025. Selon le communiqué de l’organisme, près de 7 500 personnes ont été victimes de ces collisions, un total en recul de 7,3 % par rapport à l’année précédente. Parmi elles, 177 ont perdu la vie, un nombre en augmentation sur un an.

Ces données émanent du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), une branche du FGV créée en 1951, qui indemnise les personnes blessées ou les familles de victimes lorsque le responsable de l’accident n’est pas assuré ou n’a pu être identifié. En 2025, cette structure a versé 132 millions d’euros aux personnes concernées.

Trottinettes électriques : une cause émergente

Julien Rencki, directeur général du FGV, a souligné que le phénomène de la non-assurance « prend des formes nouvelles ». Ainsi, le FGAO a pris en charge 818 victimes blessées par des trottinettes électriques non assurées, soit une hausse de près de 8 % sur un an. « Aujourd’hui, les trottinettes électriques pèsent plus lourd que les deux-roues comme des motos et scooters dans les accidents non assurés », a observé le dirigeant.

Un endettement à vie pour les auteurs

Le Fonds se retourne ensuite contre les conducteurs responsables afin de récupérer les sommes versées. Ces derniers sont souvent des jeunes disposant de faibles ressources, qui renoncent à souscrire une assurance faute de moyens. Les « conséquences sont désastreuses pour les auteurs », a indiqué Julien Rencki, contraints de rembourser « parfois des centaines de milliers, voire des millions d’euros de dommages corporels ». Ils se retrouvent ainsi endettés vis-à-vis du fonds tout au long de leur existence.

Appel à une réflexion collective

Le directeur général du FGV a appelé à une « réflexion collective, qui concerne les assureurs mais qui concerne aussi les pouvoirs publics sur la manière d’apporter des solutions, en particulier pour les jeunes qui vivent en milieu rural ». Il a estimé que la persistance de la non-assurance en France nécessitait des mesures nouvelles face à l’émergence d’engins de déplacement personnel motorisés non couverts.