Le parquet de Nancy a dévoilé ce lundi la liste des onze victimes du crash aérien qui a endeuillé la commune de Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle. L'accident s'est produit en début d'après-midi, peu après le décollage d'un Pilatus PC-6 depuis l'aérodrome local. L'engin, utilisé pour des vols de parachutisme, s'est écrasé dans un champ, ne laissant aucun survivant.

Parmi les personnes décédées figurent des habitants de la région, dont plusieurs pratiquants de parachutisme. Leur âge s'échelonne de 20 à 70 ans, selon les informations transmises par les autorités judiciaires. Un hommage leur sera rendu dans les prochains jours, ont annoncé les élus locaux.

Le drame a été observé par un riverain, qui raconte avoir vu deux personnes éjectées de l'appareil avant l'impact. « J'ai entendu un bruit anormal, puis j'ai vu deux silhouettes tomber de l'avion », a-t-il confié aux enquêteurs. Son témoignage est jugé capital par les experts, car l'avion n'était pas équipé de boîte noire, ce qui prive l'enquête de données de vol cruciales.

Une enquête technique et judiciaire

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a ouvert une investigation technique pour déterminer les causes de la catastrophe. Les débris de l'appareil ont été rassemblés et seront analysés dans les laboratoires spécialisés. Parallèlement, une enquête judiciaire pour homicide involontaire a été confiée à la gendarmerie des transports aériens. Les premiers éléments tendent à écarter une erreur de pilotage, mais aucune hypothèse n'est privilégiée pour l'instant.

Le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu sur place dimanche soir, a exprimé sa « profonde tristesse » et a salué le travail des secours. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a également convoqué une cellule de crise pour accompagner les familles des victimes.

Un appareil sans enregistreur de vol

Le Pilatus PC-6, un monomoteur conçu pour des missions de transport léger et de parachutisme, n'était pas soumis à l'obligation de posséder un enregistreur de vol, selon la réglementation en vigueur. Cette absence complique la tâche des enquêteurs, qui doivent se fier aux témoignages et aux débris pour reconstituer le scénario. Des experts en aéronautique soulignent que ce type d'appareil est généralement dépourvu de boîte noire, ce qui rend les investigations plus délicates.

Les autorités locales ont annoncé qu'une cellule psychologique restera ouverte dans les jours à venir pour soutenir les proches. Une cérémonie d'hommage devrait être organisée sous l'égide de la mairie de Tomblaine.