L'intelligence artificielle et la robotisation pourraient entraîner la disparition d'environ 700 000 emplois de livraison aux États-Unis, a prévenu un dirigeant d'une entreprise du secteur. Cette projection, qui émane d'un acteur de la logistique, s'inscrit dans un contexte d'inquiétudes croissantes quant aux conséquences de l'automatisation sur le marché du travail.

Une menace ciblée sur les livreurs

Selon ce responsable, les progrès de l'IA et des robots autonomes rendent de nombreux postes de livreurs vulnérables à une substitution technologique à moyen terme. Les plateformes de livraison de repas, de colis et de courses figurent parmi les plus exposées, car elles reposent sur une main-d'œuvre nombreuse et des tâches répétitives, facilement automatisables. Les véhicules autonomes et les drones pourraient progressivement remplacer les coursiers, réduisant considérablement les besoins en recrutement humain.

Des précédents historiques qui relativisent l'alerte

Cette annonce s'ajoute à une série de mises en garde émises ces derniers mois par des figures de la tech. Le patron de Microsoft, Satya Nadella, a récemment alerté sur une polarisation accrue des secteurs sous l'effet de l'IA, tandis que plusieurs études ont souligné que les cols blancs sont les premiers touchés par les suppressions d'emplois liées à l'intelligence artificielle. Selon des données compilées au début de l'année, près de la moitié des suppressions de postes dans le secteur technologique seraient directement imputables à l'IA.

Cependant, certains experts appellent à la prudence face à ces projections alarmistes. Le sociologue Vivek Chibber, interrogé par un podcast spécialisé, a rappelé que les vagues de changement technologique se sont souvent accompagnées de craintes similaires, qui ne se sont pas matérialisées. Il estime qu'il est trop tôt pour prédire un chômage de masse permanent. Selon lui, les effets de l'IA sur l'emploi restent pour l'instant limités et s'inscrivent dans la continuité des évolutions technologiques des dernières décennies.

Un débat politique et syndical en émergence

Ces prévisions relancent le débat sur la nécessité d'une régulation publique et d'une action collective. Des voix s'élèvent pour demander que les gains de productivité générés par l'automatisation soient redistribués et que les travailleurs soient protégés par des mesures de formation et de reconversion. Sans intervention de l'État et sans pression des syndicats, préviennent certains analystes, le poids de l'adaptation pèsera uniquement sur les employés, aggravant les inégalités.

La question de l'emploi dans la livraison pourrait devenir un dossier test pour les politiques publiques face à la transformation numérique de l'économie. Les 700 000 postes menacés représentent une part significative des emplois peu qualifiés aux États-Unis, et leur disparition éventuelle aurait des répercussions sociales majeures.